Réalisé en 1980 par le petit frère -venu du porno- de Lloyd Kaufman ( The Toxic Avenger, Tromeo and Juliet), Mother's Day nous embarque sur les routes américaines à la suite de trois copines de fac parties à l'aventure, mais dont les joies du camping vont se voir écourtées par une famille de tueurs simples d'esprit au goût prononcé pour la chair et le sa...

Réalisé en 1980 par le petit frère -venu du porno- de Lloyd Kaufman ( The Toxic Avenger, Tromeo and Juliet), Mother's Day nous embarque sur les routes américaines à la suite de trois copines de fac parties à l'aventure, mais dont les joies du camping vont se voir écourtées par une famille de tueurs simples d'esprit au goût prononcé pour la chair et le sang. Sorti en plein âge d'or du slasher et du "rape and revenge", cet ovni glauque et rigolard, brutal et potache à la fois, a choqué les esprits puritains et fut largement décrié par la critique à l'époque, mais il a depuis méritoirement gagné ses galons de film culte. Quelque part entre Massacre à la tronçonneuse et Délivrance, en plus bis et déconnant, Mother's Day apparaît avant tout aujourd'hui comme un objet très libre dont l'esprit foncièrement provocateur et le goût pour les dégueulasseries malsaines ne devraient pas non plus occulter le sous-texte critique. Empreint de sororité et d'éléments féministes prononcés, c'est un film qui fustige en effet les travers maladifs de la société de consommation, dont la vieille mère sadique et ses deux fils dégénérés sont d'évidence les symboles aliénés. Disponible pour la première fois en haute définition, le film s'accompagne dans ce superbe combo collector DVD/Blu-ray d'une pluie de suppléments qui font plaisir: making of, interviews, livre analytique d'une vingtaine de pages... Dans l'un d'eux, le réalisateur Eli Roth ( Cabin Fever, Hostel) souligne le temps d'une brillantissime logorrhée cinéphilique les éléments de satire sociale que renferme Mother's Day et explique en quoi le film a influencé de manière déterminante son propre travail. Incontournable.