Un donjon archétypal en guise d'ouverture et, plus loin, des trolls, vexés d'être traités d'aléatoires (1): sorti il y a quatre mois sur PC, Healer's Quest de Pablo Coma se moquait gentiment -et avec talent- des clichés des J-RPG (2). Dragon Quest XI: Les Combattants de la destinée illustre à merveille le propos de ce jeu indé liégeois. L'aventure médiévale fantastique se complaît en effet dans des poncifs de 20 ans d'âge. Pas de quoi, toutefois, freiner l'enthousiasme des fans. Au Japon, l'an dernier, le phénomène de société dépassait ainsi les 2 millions de copies en à peine... deux jours. Un score qui explosait les 231 000 exemplaires du...

Un donjon archétypal en guise d'ouverture et, plus loin, des trolls, vexés d'être traités d'aléatoires (1): sorti il y a quatre mois sur PC, Healer's Quest de Pablo Coma se moquait gentiment -et avec talent- des clichés des J-RPG (2). Dragon Quest XI: Les Combattants de la destinée illustre à merveille le propos de ce jeu indé liégeois. L'aventure médiévale fantastique se complaît en effet dans des poncifs de 20 ans d'âge. Pas de quoi, toutefois, freiner l'enthousiasme des fans. Au Japon, l'an dernier, le phénomène de société dépassait ainsi les 2 millions de copies en à peine... deux jours. Un score qui explosait les 231 000 exemplaires du très estimé The Legend of Zelda: Breath of the Wild. Gardien du trésor ludique de Chunsoft et Enix (les précédents titulaires de la série), Square perpétue une formule ludique imparable au goût de reviens-y sur Dragon Quest XI. Ce jeu peuplé de monstres aux sourires en coin trace des imprévus narratifs foudroyants. Ses ressorts ludiques -d'une clarté magistrale- enluminent des combats gratifiants. Le site web US The Verge compare cette épopée colorée à de la " comfort food". Sans suite en Europe depuis quatorze ans (4), Dragon Quest soulage et euphorise. Il calme avant d'aller au lit, comme un livre de contes. Incarnant un ado orphelin aux pouvoirs magiques insoupçonnés, le gamer entame son périple par un rite de passage à l'âge adulte. Révélation: ce dernier est un éclairé. Soit la réincarnation d'un héros qui a jadis sauvé le monde. Progressivement entouré d'un voleur au grand coeur, d'une sorcière cagneuse et d'un pervers pépère, le kid tombe rapidement de haut. Pétillant, saturé et surtout très cartoon, le monde de Rotozetasia s'affiche en lignes claires et couleurs vibrantes. Akira Toriyama, le père de Dragon Ball est bien de la partie. Venise fantasmée, souk ensablé, bidonville ignoré à l'ombre d'une cité royale... Adoptant une approche graphique plus lo-fi sur 3DS, ces remarquables panoramas sont infestés de slime gluant et d'oeufs en cuirasse. Difficile de rester de marbre face au sourire malicieux d'un cactus rondouillard. Face à ces vilains multicolores, on se déplace en temps réel dans un ring. Mais les adeptes du tour par tour respirent car les coups d'épées et autres sorts magiques des héros sortent automatiquement alors que leur placement importe peu. Le joueur choisira une des six stratégies de combat en prenant bien soin de bricoler ses armes à l'avance. Corps à corps, sorts de soin, magies offensives et techniques de soutien: on prépare, tranquille, ses stratégies en jouant sur une foule de paramètres malins, dont un état hypertonique boostant temporairement les héros. Ce Dragon Quest nouveau tourne malheureusement le dos aux doublages en japonais pour privilégier l'anglais. Prions pour une mise à jour de Square Enix ...