Il existe des images d'Herman Schueremans filmées à la fin des années 70 par la BRT (future VRT). On le voit chez ses parents pour un solide déjeuner aux £ufs noyés de lard, servi par sa mère, en patois local, dans la cuisine modeste d'une maison de campagne flamande. Le petit Herman a la vingtaine -il est né le 5 janvier 1954- et déjà, il trace un style de mec réservé et travailleur, anti-flamboyant. A notre première rencontre, au milieu des années 80, il s'excuse pratiquement du luxe (relatif) de sa berline. Aussi peu show off qu'une zébrure de porte, Schueremans fait ses premiers concerts en 1974 en courant les provinces flamandes avec des shows de Kayak -prog-rock hollandais- et du bluesman karmique Kevin Coyne. A cette époque, l'ancien employé de TVA, qui gagne 16 000 francs belges par mois (400 euros), n'a pas, a priori, le profil de l'emploi. Hormis quelques spécimens de passage dont il ne fait pas partie (escrocs, poseurs, rêveurs), le business du concert est alors tenu, en Belgique, par des hommes à la Paul Ambach. Hâbleur, démonstratif, corpulent, blagueur, Ambach s'imagine en Ray Charles (blanc) et vient d'une famille de diamantaires juifs a...