Une première exposition institutionnelle à 40 ans, voilà un signe qui ne trompe pas: le milieu de l'art contemporain français a décidé d'adouber Mohamed Bourouissa. Pas trop tôt, a-t-on envie d'écrire. Sur le vieux principe du "Nul n'est prophète en son pays", le plasticien franco-algérien a d'abord dû faire ses armes à l'étranger, notamment aux Pays-Bas -Stedelijk Museum- et aux États-Unis ...

Une première exposition institutionnelle à 40 ans, voilà un signe qui ne trompe pas: le milieu de l'art contemporain français a décidé d'adouber Mohamed Bourouissa. Pas trop tôt, a-t-on envie d'écrire. Sur le vieux principe du "Nul n'est prophète en son pays", le plasticien franco-algérien a d'abord dû faire ses armes à l'étranger, notamment aux Pays-Bas -Stedelijk Museum- et aux États-Unis -Fondation Barnes. Repéré à la faveur de plusieurs projets tels que Nous sommes Halles -des portraits d'une génération en survêtement de sport- ou Temps mort -une série d'images de vidéos exfiltrées de prison où l'artiste avait fait passer clandestinement un téléphone portable-, Bouroussia revendique un caractère d'"écologie sociale" à sa pratique. Dans le cadre du solo show que lui consacre le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, l'intéressé débarque avec un concept pluriel articulé autour de Horse Day, un film réalisé dans la ville de Philadelphie. L'artiste s'y est intéressé aux écuries associatives de Fletcher Street qu'il a découvertes grâce aux images de Martha Camarillo, une photographe américaine. Ce lieu pas comme les autres, mis sur pied par des cavaliers afro-américains, remplit une double mission: accueillir de jeunes adultes du quartier et offrir un refuge aux chevaux abandonnés. Loin de vouloir en restituer le fonctionnement de manière documentaire, le natif de Blida s'est servi de ce point de départ pour déployer un imaginaire mêlant histoire du lieu, imagerie western et de conquête des espaces. Autour du film qui relate cette aventure -dont le pan central est la mise en place d'un "Horse Day" aux allures doubles de concours de tuning et d'utopie urbaine- se greffent une centaine d'oeuvres: croquis sur le vif, dessins préparatoires, story-board du film, collages, encres, aquarelles...