À la façon du rêveur solitaire qui chemine guidé par ses pensées et, au bout de son périple, se retourne pour s'étonner de la distance parcourue, cet été plastique a été inconsciemment placé sous le signe du plein air. Après la très belle exposition du Musée Van Buuren et le passionnant parcours Apertum, c'est à nouveau une proposition outdoor qui s'est imposée à nous... Sans réaliser que ce sont les contours d'une quasi-série estivale qui sont apparus semaine après semaine. Toujours est-il que ce sera probablement le dernier épisode battu par les vents, manière élégante de refermer la parenthèse des beaux jours et de revenir entre les murs. Est-ce un hasard si le vert a constitu...

À la façon du rêveur solitaire qui chemine guidé par ses pensées et, au bout de son périple, se retourne pour s'étonner de la distance parcourue, cet été plastique a été inconsciemment placé sous le signe du plein air. Après la très belle exposition du Musée Van Buuren et le passionnant parcours Apertum, c'est à nouveau une proposition outdoor qui s'est imposée à nous... Sans réaliser que ce sont les contours d'une quasi-série estivale qui sont apparus semaine après semaine. Toujours est-il que ce sera probablement le dernier épisode battu par les vents, manière élégante de refermer la parenthèse des beaux jours et de revenir entre les murs. Est-ce un hasard si le vert a constitué la toile de fond de nos pérégrinations? Probablement pas. À force d'enquiller les accrochages sous cloche, tout l'être aspire au dehors, à la confrontation avec la nature. Aux intérieurs immuables, on préfère soudain les extérieurs mouvants, ceux-là mêmes qui ne laissent aucun répit aux oeuvres. Se mesurer aux arbres et aux dégradés verdoyants n'est pas de tout repos: une force inédite d'expression est sollicitée. Cette dernière n'est d'ailleurs pas toujours disponible. On en veut pour preuve le caractère inégal du rendez-vous programmé par l'ASBL Espace Européen pour la Sculpture. Pour cette nouvelle édition, le trio autrichien qui a les honneurs de la carte blanche (et verte) -Markus Hofer, Brigitte Kowanz et Lois Weinberger- ne convainc pas avec la même intensité. On ne le cachera pas, c'est sur une déception que s'ouvre la découverte du lieu. À nos yeux, Pedestal for a Tree (2004/2018) d'Hofer ne fonctionne pas. Sur papier, on s'était enthousiasmé pour l'idée: offrir un piédestal à la nature nous semblait louable, voire essentiel. Hélas, dans les faits, le dispositif s'avère boiteux, il échoue à installer l'organique du côté de la sculpture. Avec son côté inégal et abîmé par les intempéries, le caisson en bois apparaît miteux, pas à la hauteur. Pas d'inquiétude, la déception est de courte durée, le même artiste séduisant plus loin sur le parcours. Au centre de la très belle roseraie, Rose Oil, sculpture en métal et en résine, réussit un renversement de perspective. L'oeil adhère pleinement à ce pot de peinture qui, en mimant l'écoulement, fait oublier que le flux suggéré est avant tout le pied par lequel l'oeuvre fait face au regardeur. Le magnétisme est total, l'illusion heureuse et le dialogue avec l'environnement fructueux. On s'arrête également face aux différents panneaux de bois - Textworks (1989-2017)- que Lois Weinberger a pris soin de disséminer au fil des chemins. Le plasticien y consigne des poèmes dans lesquels il s'interroge sur l'épiphanie naturelle. On pense tout particulièrement à la très pertinente injonction " You've never seen gardens" qui pointe notre incapacité à réaliser ce qu'est véritablement un jardin, à savoir un fascinant réseau enfoui sous la surface. On ne peut que goûter au plaisir de ce questionnement qui renverse les hiérarchies établies. Enfin, une dernière pièce achève de donner son relief à la visite. C'est Brigitte Kowanz qui signe Beyond Imagination (2017), un caisson de verre enserrant un néon qui invite quant à lui à dépasser le cadre de l'imagination pour se perdre dans un réel aussi arboré qu'inépuisable.