C'était le 28 mai 1983: ce jour-là, The Clash joue devant 140 000 personnes au festival californien de San Bernardino. C'est l'ultime concert de Mick Jones au sein de l'électrochoc londonien formé 7 ans plus tôt. En septembre 1983, le guitariste est exclu de Clash " pour avoir dévié des idéaux originaux du groupe": il ne s'agit pas seulement de sa conduite star -trop de coke, pas assez de ponctualité- mais de la désintégration progressive du quatuor après l'éviction début 1982 du métronomique batteur, Topper Headon, pour addiction à l'...

C'était le 28 mai 1983: ce jour-là, The Clash joue devant 140 000 personnes au festival californien de San Bernardino. C'est l'ultime concert de Mick Jones au sein de l'électrochoc londonien formé 7 ans plus tôt. En septembre 1983, le guitariste est exclu de Clash " pour avoir dévié des idéaux originaux du groupe": il ne s'agit pas seulement de sa conduite star -trop de coke, pas assez de ponctualité- mais de la désintégration progressive du quatuor après l'éviction début 1982 du métronomique batteur, Topper Headon, pour addiction à l'héroïne (...). Avec Joe Strummer, Simonon va mener un autre Clash -nettement moins inspiré- jusqu'à la dissolution finale en 1986. Probablement l'un des gâchis les plus notoires de l'histoire du rock, Strummer-Jones étant les auteurs les plus talentueux du punk anglais. On connaît la suite, dans les grandes lignes: Strummer meurt en 2002 à 50 ans (...), perpétuant jusqu'au bout la bonne parole alter rock, Headon passe 2 décennies entre désintox et retraite familiale à Brighton, Simonon retourne à la peinture avec succès et Jones papillonne dans B.A.D. puis comme producteur des Libertines et des Babyshambles. Début 2010, Simonon rejoint les rangs live de Gorillaz ( lire aussi page 18): une demi-surprise puisqu'il a déjà côtoyé Damon Albarn, le Leonardo da Vinci du rock, au sein de The Good, The Bad And The Queen. Il joue aussi sur la plage titulaire de Plastic Beach, le 3e Gorillaz paru au printemps 2010, où il retrouve son ex-comparse Mick Jones. Ils n'ont plus enregistré ensemble depuis les dernières prises de l'album Combat Rock de Clash aux Wessex Studios de Londres en avril 1982. Immédiatement, les 2 natifs de Brixton, 1955, retrouvent l'ancienne complicité sonique, ce truc particulier qui faisait surfer le punk clashien sur d'autres vagues. C'est d'ailleurs Jones qui, voulant amener Simonon dans son groupe -une histoire d'allure et de belle gueule-, lui a appris à jouer de la basse. Tous les 2 viennent du sud de Londres et d'un couple fracturé: Jones a longtemps vécu avec sa grand-mère le long du Westway, Simonon bourlinguait avec son père, habitant aussi une année en Italie. Clash a été leur grande famille non-biologique. Pas étonnant qu'Albarn ait recruté la paire: pas seulement par fan attitude, mais aussi parce que d'une certaine façon, Clash a été un Gorillaz avant la lettre, mêlant rock, dance, reggae, séquences exotiques, dans une grande marmite organique. Le facteur électro en moins, il y a de la filiation entre 2 générations de rockers anglais séparés par une brèche de 13 ans. Un truc frondeur aussi. Après la tournée mondiale qui se clôture le 21 décembre en Nouvelle-Zélande, Jones retournera sans doute à son groupe Carbon/Silicon et Simonon à ses tableaux. A moins que... l LE CONCERT DE GORILLAZ LE 25 NOVEMBRE AU LOTTO ARENA EST COMPLET. CD PLASTIC BEACH CHEZ EMI. PHILIPPE CORNET