"Adios Senor Pussycat"

Un copain daté de la nouvelle vague 1977-1982 s'extasiait récemment via Facebook sur l'album de Michael Head. Qui? Michael William Mick Head (Liverpool 1961), incarnation d'une anglophilie prononcée dans deux groupes estampillés années 80, Pale Fountains et Shack. Les seconds bénéficiant...

Un copain daté de la nouvelle vague 1977-1982 s'extasiait récemment via Facebook sur l'album de Michael Head. Qui? Michael William Mick Head (Liverpool 1961), incarnation d'une anglophilie prononcée dans deux groupes estampillés années 80, Pale Fountains et Shack. Les seconds bénéficiant d'ailleurs de l'intérêt de Noel Gallagher sortant en 2006 sur son label perso l'un de leurs disques, sans succès commercial notable. Là, Head en est déjà au sixième album d'une carrière édentée pour raisons objectives: il a passé une bonne partie des trois dernières décennies à se défoncer, avec un goût récurrent pour l'héroïne, opiacé peu stabilisateur de carrière. Nous voilà en 2017 et Michael propose ces treize morceaux, les premiers sous sobriété revendiquée: sans confirmer l'auto-légende (celle, exorbitante, d'être le meilleur songwriter anglais), ils tracent une pop vénéneuse qui renvoie à Nick Drake (Picasso, Picklock), mais s'évadent aussi vers des arrangements plus océaniques. Façon dentelle sophistiquée, incidemment électrique (Wild Mountain Thyme) où l'anti-héros susurre autant qu'il ne chante sur des mélodies ayant de la ressource tonique (Overjoyed). Usant d'harmonies vocales suaves et d'arrangements volontiers sophistiqués (Rumer), Michael Head syncrétise les temps mélancoliques, ceux qui ne font pas demi-tour (Winter Turns To Spring)mais donnent de possibles délices radiophoniques (Josephine).