En pleine forme, Yannick Grossetête remet le couvert alors que nous venions à peine de refermer le tome précédent. Toujours aussi caustique et à la limite du politiquement correct, il décortique nos relations amoureuses et enfonce le suppositoire toujours plus loin, époqu...

En pleine forme, Yannick Grossetête remet le couvert alors que nous venions à peine de refermer le tome précédent. Toujours aussi caustique et à la limite du politiquement correct, il décortique nos relations amoureuses et enfonce le suppositoire toujours plus loin, époque oblige. Yannick Grossetête est le fils spirituel que Fabcaro et Bastien Vivès n'ont jamais eu ensemble. Du premier, il applique ce sens de l'observation de la vie quotidienne de manière absurde en choisissant, selon les cas, un décalage total ou une lecture ultra littérale, à l'image de ces deux enfants qui philosophent dans un bac à sable sur la vacuité des relations amoureuses et la goujaterie de certains prétendants -dans ces termes. Du deuxième, également amateur de non-sens, il a le dessin, certes en moins virtuose mais résolument efficace dans l'épure et la stylisation, où le trait à la plume est rehaussé par un aplat de couleur. Comme ses illustres aînés, il se fait le chroniqueur de l'amour, de la mort, mais également de l'obligation écologique, des corvées du quotidien, des réseaux sociaux ou de l'art du cunnilingus bien fait. S'émancipant de ses maîtres, le rejeton a développé un sens aigu de la chute qui ne manquera pas de surprendre plus d'un lecteur. Qu'il est bon de rire gras en ces temps maigres...