L'Histoire n'a pas donné toute la place qu'elle mérite à Lucie Baud, figure oubliée des premières luttes ouvrières et syndicales dans l'industrie textile au tournant du XXe siècle. Incarnés par Virginie Ledoyen, racontés par le très engagé romancier et cinéaste Gérard Mordillat ( Vive la Socia...

L'Histoire n'a pas donné toute la place qu'elle mérite à Lucie Baud, figure oubliée des premières luttes ouvrières et syndicales dans l'industrie textile au tournant du XXe siècle. Incarnés par Virginie Ledoyen, racontés par le très engagé romancier et cinéaste Gérard Mordillat ( Vive la Sociale, Les Vivants et les morts), les combats de cette femme pugnace et pionnière rappellent à quel point la main-d'oeuvre, surtout féminine, aura toujours lutté pour faire entendre ses droits et sa dignité. Le scénario s'appuie sur un rigoureux travail historiographique de Michelle Perrot (professeure émérite d'Histoire contemporaine à l'Université Paris-Diderot), qui a sorti Lucie Baud et son destin tourmenté de l'amnésie. Certes, la facture générale de ce téléfilm rappelle la télévision didactique des années 80-90, mais Mordillat a choisi de donner un corps au militantisme. Celui de Virginie Ledoyen est corseté de tensions internes qui se libèrent dans les combats, les harangues et les chants (omniprésents). Les seconds rôles prestigieux (François Morel, François Cluzet, Philippe Torreton) sont entièrement voués à la cause et donc plus retenus qu'à l'accoutumée. Au final, cette Mélancolie ouvrière est une pierre de plus mise au long et difficile édifice qui entend redonner au mouvement ouvrier -et à son histoire- sa fierté et sa place dans notre mémoire.