"Bunny"

À mi-parcours, Matthew Dear l'affirme haut et fort: "I know exactly who I am, I'm never changing" ( Moving Man). C'est évidemment ironique. Depuis qu'on le suit...

À mi-parcours, Matthew Dear l'affirme haut et fort: "I know exactly who I am, I'm never changing" ( Moving Man). C'est évidemment ironique. Depuis qu'on le suit, Matthew Dear s'amuse en effet à multiplier les chemins de traverse, glissant comme une anguille dès qu'il s'agit de le ranger dans une catégorie. Longtemps, on a perçu le producteur comme un homme des machines, cherchant à repousser les codes de la techno. En réalité, comme le montre Bunny, ce sont surtout les limites de la pop qu'il essaie de brouiller. Invitant notamment ses copines Tegan & Sara sur deux titres, il s'approche du format ( Bad Ones, quasi calibré radio) pour mieux s'en éloigner ailleurs ( Duke of Dens). Un pas en avant, deux en arrière, pour un disque claudiquant, mais inspiré.