Il est rare de voir un auteur s'afficher en même temps dans les rayons comics, jeunesse et roman graphique des librairies. C'est pourtant l'impressionnant combo que réalise le Français Thierry Martin en cette fin d'année, puisqu'il est, en même temps, aux manettes d'un récit court de Batman intégré dans l'ouvrage collectif Batman: The World édité par Urban Comics, au dessin du quatorzième album des Mickey par édités par Glénat, et au four et au moulin du splendide Dernier souffle réédité en bichromie par Noctambule, spécialiste des beaux albums enivrants.
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Il est rare de voir un auteur s'afficher en même temps dans les rayons comics, jeunesse et roman graphique des librairies. C'est pourtant l'impressionnant combo que réalise le Français Thierry Martin en cette fin d'année, puisqu'il est, en même temps, aux manettes d'un récit court de Batman intégré dans l'ouvrage collectif Batman: The World édité par Urban Comics, au dessin du quatorzième album des Mickey par édités par Glénat, et au four et au moulin du splendide Dernier souffle réédité en bichromie par Noctambule, spécialiste des beaux albums enivrants. Le grand public le découvrira probablement d'abord dans Mickey et les mille Pat, scénarisé par le Bruxellois Jean-Luc Cornette. Dans une ambiance vintage et heroic fantasy, alternant gaufriers de neuf cases et grandes doubles pages, le duo s'en donne à coeur joie avec cette reprise. Tout en respectant le b.a.-ba des univers Disney, ils s'amusent comme des petits fous avec quatre courts récits complets qui forment ensemble une seule histoire, tournant autour d'une potion démultiplicatrice du sorcier Clodomir, touchant d'abord Minnie, puis le vieil ennemi Pat Hibulaire, qui donne son titre au livre. Cornette y multiplie les clins d'oeil, les références et les bons mots, pendant que Thierry Martin semble s'éclater à réinventer la petite souris et ses amis, que ce soit dans l'addition des cases rétro ou dans la création des grandes doubles pages fourmillant de détails et de vista graphique. Cette vista, on en prend enfin toute la mesure avec Dernier souffle. Les amateurs ne découvrent probablement pas l'existence de ce western sans paroles et d'une violence crue digne de Sam Peckinpah: Thierry Martin en avait entamé la publication case par case, et jour après jour, à l'été 2018, sur son compte Instagram, avec l'envie de " lâcher prise et sortir de ma zone de confort, un désir d'improvisation scénaristique et d'énergie graphique". Deux cents dessins plus tard, ce récit d'un cow-boy lancé en pleine tempête hivernale dans une furie vengeresse est d'abord devenu un album en noir et blanc et en tirage très limité édité chez Black & White, avant que Noctambule ne s'en empare pour en faire ce (très) bel album, cette fois en bichromie bleue, vendu sous coffret et respectant toujours le format à l'italienne que les dessins de Martin exigeaient. Et dont chaque page est un exemple de composition et d'énergie dans un trait tout à fait impressionnant. Une grande oeuvre originale comme l'auteur les aime -Thierry Martin s'est également fait connaître pour ses "enveloppes hermétiques" dont il illustrait magnifiquement la face avant- et qui le (re)place définitivement parmi les grands dessinateurs contemporains franco-belges à suivre.