"Madame X"

C'est peu dire que l'on craignait le pire. Annoncé par un piètre single -le poussif Medellín-, et une prestation tout aussi laborieuse à l'Eurovision, le 14e album de Madonna n'augurait rien de très passionnant. Au mieux, la Reine de la pop promettait de surfer sur la vague reggaeton-pop latino du moment, avec cet opportunisme génial qu'on lui connaît -même si, pour le coup, elle n'a jamais vraiment cessé de faire des appels du pied à la communauté hispanophone tout au long de sa carrière ( La Isla Bonita, Evita, etc.).

Il ne faut toutefois pas longtemps pour ranger les munitions. Après le fameux Medellín, en ouverture, Dark Ballet fait mine de démarrer comme la plupart des dernier singles de Madonna ( "People tell me to shout my mouth", s'énerve déjà Louise Ciccone), avant de rapidement dérailler: une cascade de notes au piano amène vers une sorte de menuet sous vocoder. À vrai dire, le geste est un poil grotesque, mais aussi déroutant. Et si la star avait vraiment décidé de bouger un peu les meubles d'une carrière qui avait un peu tendance à s'enliser? Plus loin, des morceaux comme Batuka, God Control, Come Alive ou même Future (avec Quavo) confirment: produit par Mirwais, Madame X permet à Madonna de sortir de ses sentiers pop par trop balisés. Quitte à parfois un peu déraper. Mais avec une sincérité que l'on n'avait plus entendue depuis longtemps (l'oecuménique Killers Who Are Partying). Tout au long de sa carrière, Madonna n'a jamais cessé de se réinventer. Souvent en cherchant à choquer. Cette fois, c'est elle qu'elle a voulu bousculer...

Distribué par Universal.

6