L'autocar Casablanca-Marrakech cahote de transparence en transparence avec à son bord Doris Day et James Stewart, couple de touristes américains dont la villégiature exotique prendra un tour dramatique lorsque, surgissant des souks un poignard planté dans le dos, Daniel Gélin s'en viendra mourir à leurs pieds. Ayant choisi la Ville rouge pour y situer le remake hollywoodien de The Man Who Knew Too Much, réalisé en 1955 vingt ans après sa version anglaise, Hitchcock inscrivait Marrakech sur les atlas cinéphiles. Doris Day y entonnait son Que sera, sera pour la postérité; soixante ans plus tard, le temps a fait son oeuvre, en effet: Marrakech accueille désormais un festival de cinéma de renom, tandis que le Maroc est devenu une terre de tournages prisée à l'échelle internationale. Un mouvement qui, passés les illustres précurseurs (Welles et son Othello, tourné pour bonne part à Essaouira, avant Hitch, ces deux-là étant bientôt suivis par les Lean pour Lawrence of Arabia et autre Huston pour The Man Who Would Be King), s'est amplifié à compter des années 80, pour atteindre, depuis une bonne décennie, son rythme de croisière.
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