"Double Negative"

Comment changer tout en restant soi-même? C'est un peu le pari de Low, sur Double Negative, douzième album d'une discographie débutée il y a près de... 25 ans. Jusqu'ici, le groupe pratiquait un rock indé dont la mélancolie assumée se nourrissait de tempos au ralenti et de morceaux souvent minimalistes. Une musique que l'o...

Comment changer tout en restant soi-même? C'est un peu le pari de Low, sur Double Negative, douzième album d'une discographie débutée il y a près de... 25 ans. Jusqu'ici, le groupe pratiquait un rock indé dont la mélancolie assumée se nourrissait de tempos au ralenti et de morceaux souvent minimalistes. Une musique que l'on a pu libeller sous l'étiquette slowcore -appelation qui, si elle a toujours été honnie par les principaux intéressés, a au moins le mérite de souligner l'éloge de la lenteur pratiquée par les Américains. Cette esthétique est encore d'actualité sur Double Negative. Mais cette fois, Low la décline en la plongeant dans un bain d'électronique glacée. Certes, ce n'est pas la première fois qu'Alan Sparhawk et Mimi Parker, couple à la manoeuvre, touchent à des textures plus synthétiques. Le précédent One And Sixes, notamment, sorti en 2015, lorgnait déjà d'autres horizons (boîte à rythmes, beat concassé, etc.). Il avait été produit à l'époque par BJ Burton, dans le studio de Bon Iver. Pour Double Negative, Burton est à nouveau derrière les manettes. Lui qui avait déjà participé à la mue électronique de Bon Iver sur 22, A Million, a poussé Low à tenter le même saut dans le vide. Il est radical sur des morceaux comme The Son, The Sun ou Quorum, ballade neurasthénique d'ouverture brouillée par un drone insistant. Plus loin, Tempest est une autre pépite d'electronica aussi séduisante qu'étouffante. Même quand il revient sur des territoires plus balisés ( Dancing And Fire), Low finit par filer des couleurs quasi ambient. Épatant.