Le succès est une anguille. Dans le cas de Lomepal, il a failli lui glisser entre les doigts. Sorti en juin 2017, son premier album Flip, a démarré pianissimo. "On a sorti le clip de Pommade, qui n'a pas trop tourné. Puis, celui de Ray Liotta , qui a encore moins bien marché. Je commençais à déprimer." Le troisième est le bon: Yeux disent débloque les compteurs. Juste à temps pour la fin d'année. Les plateaux télé commencent alors à s'enchaîner, les passages radio aussi. En décembre, Flip ressort en édition deluxe. "Dès la première semaine, il se vendait davantage que la version originale". À partir de là, la courbe sera exponentielle: quelques semaines plus tard, le disque sera certifié platine. Tandis que les médias généralistes embrayent (passage télé chez Ruquier, radio sur France Inter, etc.), Lomepal se retrouve même nommé aux Victoires de la musique, dans la catégorie "musiques urbaines", au milieu de rappeurs tout aussi blancs que lui... Bien sûr, comme d'autres, il tique. Soit. À vrai dire, lui-même se voit de moins en moins dans le rap stricto sensu, prenant un malin plaisir à lorgner du côté de la chanson ou à citer les héros rock Janis Joplin ou Ku...