"Till Another Time: 1988-1996"

S'il est aujourd'hui tout ce qu'il y a de plus commun d'enregistrer chez soi, le home studio n'est apparu qu'au tournant des années 70 et 80. Révolution. L'arrivée des premiers enregistreurs quatre pistes à cassettes permit à l'époque aux musiciens amateurs et professionnels de se fabriquer aisément des maquettes. La singer-songwriter de Baltimore Linda Smith ...

S'il est aujourd'hui tout ce qu'il y a de plus commun d'enregistrer chez soi, le home studio n'est apparu qu'au tournant des années 70 et 80. Révolution. L'arrivée des premiers enregistreurs quatre pistes à cassettes permit à l'époque aux musiciens amateurs et professionnels de se fabriquer aisément des maquettes. La singer-songwriter de Baltimore Linda Smith fut l'une des pionnières de l'enregistrement lo-fi. Dans le temps, au milieu des eighties, Linda pensait surtout échanger des démos avec les membres de son groupe: The Woods. Mais le projet tué dans l'oeuf, la jeune femme se mit rapidement à jouer avec ses propres chansons. Et lorsqu'elle quitta New York pour sa ville natale que tous les amateurs de The Wire connaissent bien, elle commença à faire de son matos un usage plus personnel et à sortir ses albums sur cassettes. Mise en lumière par le toujours recommandable label Captured Tracks (Juan Wauters, Chris Cohen, Mac DeMarco...), Till Another Time 1988-1996 compile en douze morceaux la musique artisanale et lo-fi d'une héroïne underground. Grande soeur pour beaucoup cachée des Moldy Peaches, de Kimya Dawson et de tout ce que la musique d'aujourd'hui compte encore de bricoleurs solitaires. Smith, qui a fini par entrer dans l'ère digitale, découvrir le CD-R et atterrir sur Internet (que ce soit sous son nom, celui de The Window Shoppers ou de Yours Truly) n'avait à l'époque que les publications de niche et le bouche-à-oreille pour faire connaître son travail. Mais son indépendance et sa liberté brillent dans des chansons qui aiment les sixties et le post-punk, préfigurent l'antifolk et la bedroom pop. Till Another Time est une ode au minimalisme et à la débrouille. Une invitation à s'enfermer dans sa chambre pour que la magie opère.