Les Liars ont toujours aimé le danger. C'est sa quête qui a poussé les trois Californiens à quitter un New York aseptisé pour visiter Berlin et s'en retourner vivre à Los Angeles. Qui a dirigé leurs changements de cap incessants. Et, forcément, qui emmène dé-sormais Angus Andrew et ses potes en terres électroniques. Fondés en 2000 par deux types du Nebraska, partis quelques mois après la sortie d'un premier album néo post-punk, et deux anciens étudiants en art qu'ils avaient recrutés par petite annonce, les Liars se sont positionnés comme l'un des groupes les plus intransigea...

Les Liars ont toujours aimé le danger. C'est sa quête qui a poussé les trois Californiens à quitter un New York aseptisé pour visiter Berlin et s'en retourner vivre à Los Angeles. Qui a dirigé leurs changements de cap incessants. Et, forcément, qui emmène dé-sormais Angus Andrew et ses potes en terres électroniques. Fondés en 2000 par deux types du Nebraska, partis quelques mois après la sortie d'un premier album néo post-punk, et deux anciens étudiants en art qu'ils avaient recrutés par petite annonce, les Liars se sont positionnés comme l'un des groupes les plus intransigeants, audacieux et irréprochables de l'industrie. " Depuis quelques disques maintenant, nous nous sentions un peu bizarres face à notre manière de fonctionner, raconte l'immense Andrew dans sa loge de l'Ancienne Belgique avant la date belge, au Club, de sa tournée de chauffe. Ecrire et composer des chansons et s'en aller par la suite les enregistrer dans un studio avec un ingénieur, c'est assez ennuyeux. Puis, ça te fait perdre l'esprit originel de tes idées. Nous avons cette fois utilisé du matériel qui nous permettrait de faire figurer notre travail de départ sur l'album." Les Liars 2.0. vivent dans un nouveau monde. " Avant, nous utilisions Pro Tools. Mais sans être vraiment conscients de ses possibilités. Nous avions aussi recours aux ordinateurs pour nos clips. Nous ne les envisagions cependant aucunement comme des instruments et nous ne connaissions pas grand-chose en matière de softwares musicaux." WIXIW, le Liars nouveau, est donc né de tâtonnements et de plongées dans les manuels d'utilisation. Avec l'aide d'un guide spirituel et sonore tout de même. Daniel Miller. Patron et gourou de Mute, leur label. Outre le Reaktor de Native Instruments, les Liars ont utilisé pas mal de samples. Des ballons qui se dégonflent. Un moteur de voiture. " Beaucoup de choses bizarres. Mais toujours ensuite passées par le filtre de l'ordinateur. Le concept de ce disque, c'était d'expérimenter avec le son et de travailler de manière plus collaborative. Ce à quoi notre méthode nous a poussés. " Les mecs se sont d'ailleurs enfermés ensemble dans un chalet paumé. Perdu au beau milieu d'une forêt enneigée. " Tu ne pouvais rien trouver à bouffer là-bas. Il te fallait une demi-heure pour atteindre un endroit où grailler et faire fonctionner ton gsm." Ils s'y sont coupés du monde. Ont soigneusement évité d'écouter quoi que ce soit. Allant jusqu'à zapper les pubs des matchs de basket qu'ils regardaient en fidèles fans des Los Angeles Clippers. " Le meilleur moyen de ne pas se laisser influencer", garantissent-ils. Sombre et éthéré, WIXIW ne manque pas de personnalité. Et les Liars de nous abandonner avec une question: " Un album est-il électronique à cause de son son ou de la manière dont il a été enregistré?" On vous laisse méditer. WIXIW, DISTRIBUÉ PAR MUTE/PIAS. **** AU BOTANIQUE LE 02/11. JULIEN BROQUET