" Le pari de la programmation relève d'une irrévérence fondamentale à l'égard des cloisons héritées, qui désignent les genres musicaux en autant d'appellations séparatrices: musique contemporaine, noise, expérimental, free impro, électro, rock indie, psyché garage, ambient." Pierre-Jean Vranken, boss des Nuits du Beau Tas, signe la définition de son festival protéiforme lancé en 2014. Ancien programmateur du Botanique -dont il es...

" Le pari de la programmation relève d'une irrévérence fondamentale à l'égard des cloisons héritées, qui désignent les genres musicaux en autant d'appellations séparatrices: musique contemporaine, noise, expérimental, free impro, électro, rock indie, psyché garage, ambient." Pierre-Jean Vranken, boss des Nuits du Beau Tas, signe la définition de son festival protéiforme lancé en 2014. Ancien programmateur du Botanique -dont il est remercié en 2001-, cet ex-musicothérapeute lance alors une manifestation aux ambitions crossover, underground comme aurait dit Warhol. Pour sa cinquième édition, NBT ancre la quinzaine d'événements autour de la voix, " psalmodiée, chantée, parlée, déclamée, timbrée, atone...". Avec toujours, chez Vranken, ce sens de la philo qui, par exemple, invite au festival Pierre Ansay pour une conférence La Voix du peuple aux Halles Saint-Géry. Lieu-pivot qui avec d'autres espaces -Le Café Central, Magasin 4, BRASS...- incarne aussi un champ de tous les possibles: NBT s'y ouvre le 14 avril avec deux oeuvres pas forcément connues de Gavin Bryars, compositeur anglais transversal, interprétées par le Quatuor Express. L'expérimentation britannique reste au programme de la soirée du 8 mai où le guitariste anversois Kobe Van Cauwenbergh, revisite deux collaborations seventies entre Brian Eno et Robert Fripp, les albums No Pussyfooting et Evening Star. D'autres références contemporaines s'installent le 27 avril lorsqu'Ictus Ensemble, la vocaliste Bénédicte Davin et la Winter Family modulent des performances autour de la voix au BRASS, le voisin du Wiels. Mais les festivités de remue-méninges n'excluent pas une certaine turbine rock au-delà du binaire: le 4 mai lors d'un concert au Barlok avec les " rebelles rhizomatiques (sic) et biohardcores bruxellois", entre autres Teuk Henri, guitariste de Sharko, Stakattak et les inclassables (et donc parfaitement NBT) Babils. Sans oublier la nuit finale du 11 mai dans un nouveau lieu, Le Lac, invitant le trio du grand Mauro Pawlowski et Odieu, le " Johnny Rotten belge", en version piano solo. Planquez les enfants.