On aimerait bien, dans le fond de son coeur, que cesse cet enchaînement de documentaires relatant les horreurs perpétrées envers les femmes de par le vaste monde, au nom d'un dieu, d'un émirat, de l'accaparement de terres rares, de la domination masculine... Et pourtant, les histoires et les témoignages ne sont pas...

On aimerait bien, dans le fond de son coeur, que cesse cet enchaînement de documentaires relatant les horreurs perpétrées envers les femmes de par le vaste monde, au nom d'un dieu, d'un émirat, de l'accaparement de terres rares, de la domination masculine... Et pourtant, les histoires et les témoignages ne sont pas épuisés, loin de là. Ainsi des femmes et des filles nigérianes prises dans les griffes de Boko Haram, prisonnières d'un enfer qui se tapit dans l'angle mort d'un conflit inépuisable. "Le 14 avril 2014, le mouvement salafiste, terroriste et insurrectionnel Boko Haram kidnappe 276 adolescentes dans un lycée chrétien de Chibok, au nord du Nigeria, avant de les séquestrer dans la forêt de Sambisa". Après quatre ans d'une mobilisation internationale sous le hashtag #Bringbackourgirls, 103 sont relâchées, placées dans un refuge à Abuja, la capitale. Gemma Atwal et Karen Edwards ont eu accès, pour la première fois, à ces survivantes pas encore libérées de l'horreur. Margret, Hannatu, et tant d'autres tentent de recoller les morceaux, de se reconstruire malgré l'obligation, pour protéger celles qui sont encore entre les mains des bourreaux, de ne pas nommer les conditions de leur captivité. On y parle de femmes transformées en bombes humaines, d'évasions in extremis un bébé entre les bras, fruit d'un mariage forcé... Ces portraits plein de dignité, mis en scène avec force, compassion et combativité illustrent la lutte permanente entre deux puissances: la résilience et la destruction systémique des femmes.