Un Syrien et sa femme avancent dans la mer avec leur bambin sous le regard de la grand-mère. L'image est forte au bord de ces plages de la honte où l'on retrouve aujourd'hui des corps innocents inertes... Mais pour le coup, on est à Saint-Jouin-Bruneval, petite commune de 1 878 habitants, en Normandie, où le maire et son équipe se son...

Un Syrien et sa femme avancent dans la mer avec leur bambin sous le regard de la grand-mère. L'image est forte au bord de ces plages de la honte où l'on retrouve aujourd'hui des corps innocents inertes... Mais pour le coup, on est à Saint-Jouin-Bruneval, petite commune de 1 878 habitants, en Normandie, où le maire et son équipe se sont portés volontaires pour accueillir des migrants. À Saint-Jouin la trépidante, où la vie de tous les jours est égayée par le Proxi, le marché, la charcuterie et une plage de galets, on ne voit pas souvent des étrangers et on n'est pas non plus spécialement enchanté qu'une famille de Syriens vienne s'installer. Les uns, parfois maladroits (" les Musulmans aiment les tapis, ils mangent à même le sol"), retroussent leurs manches pour aménager un appartement vacant. Les autres redoutent et ruminent, pleins d'a priori, l'irruption imminente dans leur paisible quotidien d'une famille de réfugiés. Un petit graffiti malveillant vient souligner sur la porte le succès dans le coin du Front national... Ariane Doublet filme tout en douceur les préparatifs, la longue attente (et avec elle toutes les limites du système) et l'arrivée de ces gens curieux, cultivés, opposants à Bachar el-Assad, de leurs enfants et de leur petit-fils. Tour à tour inquiétant et réconfortant (le changement d'attitude du garde-champêtre dans son uniforme de police rurale fait du bien), Les Réfugiés de Saint-Jouin rassure quant à la nature humaine, combat sans militer l'ignorance et l'enfermement sur soi. À voir absolument dans un pays (si, si, la Belgique) où 41 % des habitants approuvent l'enfermement des familles de migrants.