Il n'est pas prolifique, mais chacun de ses films est un événement. Abderrahmane Sissako nous avait fait partager les espoirs d'une population africaine rêvant d'une vie meilleure aux couleurs d'exil potentiel (En attendant le bonheur, 2002) ou faisant le procès de la Banque Mondiale et du FMI (Bamako, 2006). Avec Timbuktu, le réalisateur mauritanien aborde le sujet crucial de la vague islamiste déferlant sur le Proche-Orient et -en l'espèce- sur l'Afrique. L'occupation de la ville malienne de Tombouctou par des fondamentalistes y imposant la charia et terrorisant le peuple a suscité chez Sissako un sentiment de révolte et d'urgence, auquel il a répondu en artiste, avec un film respirant la colère mais aussi riche en humour et en paradoxale beauté.
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