L'Italie, ses plages ensoleillées, son patrimoine artistique, sa légendaire gastronomie... Mais aussi ses petites combines, ses travailleurs précaires, son cancer mafieux: la région où se situe la nouvelle histoire de Piero Macola n'affiche pas vraiment les paysages de cartes postales qu'envoient les touristes rougeauds pendant les vacances. Zonings industriels, cours d'eau infestés de moustiques et chantiers plus ou moins légaux sont le théâtre de plusieurs histoires qui se croisent. À l'image de celle de Bruno, homme à tout faire exploité et maltraité dans sa jeunesse par le gardien d'une marina. À l'âge adulte, il aide sa voisine isolée que la fille de celle-ci aimerait bien voir emménager en ville. Il y a aussi celle de Maria, veuve d'un photographe n'arrivant pas à quitter sa maison et sa péniche pour rejoindre sa fille et ses petits-enfants. Et enfin celle d'Anton, ouvrier clandestin venu de Moldavie qui ne rêve que de Suède: il vient de tomber d'une échelle sur un chantier et est actuellement en planque chez un ancien gardien de port de plaisance. Tout ce petit monde rempli de rêves perdus et de frustrations se croise, s'entraide ou se déchire au fil des intérêts de chacun. Si le futur est gris pour tous, les couleurs des crayons de l'auteur donnent malgré tout une petite lueur d'espoir.

De Piero Macola, éditions Futuropolis, 120 pages.

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