La relation entre télé et Internet ne peut déboucher que sur un mariage de raison sous-tendu par des tractations financières. Les chaînes de télévision pour leur propre production et les ayant-droits pour les autres contenus (films, séries...) veulent être rémunérés pour chaque média utilisé. Selon un opérateur belge, le problème se pose moins pour les nouveaux contrats qui englobent plusieurs médias que pour les anciens qui ne portaient que sur la diffusion classique. Avec cette complication supplémentaire que des chaînes peuvent très bien ne pas disposer des droits de diffusion de certains contenus pour les nouveaux supports. Il faut alors négocier avec les ayant-droits, par exemple pour offrir une série en VOD (vidéo à la demande). Au final, une chaîne qui accorde à un o...

La relation entre télé et Internet ne peut déboucher que sur un mariage de raison sous-tendu par des tractations financières. Les chaînes de télévision pour leur propre production et les ayant-droits pour les autres contenus (films, séries...) veulent être rémunérés pour chaque média utilisé. Selon un opérateur belge, le problème se pose moins pour les nouveaux contrats qui englobent plusieurs médias que pour les anciens qui ne portaient que sur la diffusion classique. Avec cette complication supplémentaire que des chaînes peuvent très bien ne pas disposer des droits de diffusion de certains contenus pour les nouveaux supports. Il faut alors négocier avec les ayant-droits, par exemple pour offrir une série en VOD (vidéo à la demande). Au final, une chaîne qui accorde à un opérateur le droit de diffuser son contenu sur un smartphone passe aux abonnés absents (écran noir) lorsqu'est diffusée une série pour laquelle la chaîne en question ne possède pas les droits pour le téléphone mobile. Chez nous, les accords peuvent porter sur différents aspects. Par exemple, pour permettre de diffuser des chaînes de télévision via le " tuyau " Internet. Ou diffuser des contenus ciblés sur le mode de la VOD. Mais des accords autorisant les opérateurs à diffuser tout le contenu d'une chaîne sur Internet n'existent pas. Faute de disposer des droits, les sites Internet ne peuvent pas diffuser les chaînes de télévision en mode " linéaire " comme le fait un câblo-distributeur, Belgacom TV ou Be TV. Certains ont toutefois l'opportunité de diffuser certaines émissions en différé sous forme de streaming. On assiste ainsi à l'émergence de sites qui captent des chaînes via satellite pour les rediffuser, mais le plus souvent sans l'accord des entreprises concernées. Ces agrégateurs de chaînes travaillent le plus souvent -mais pas toujours- dans l'illégalité. Deux sites illustrent cette tendance à capter les émissions sur un PC ou un téléphone: zattoo.com et justin.tv. Le premier n'est pas accessible en Belgique et le second s'est rendu populaire lors du test match Standard-Anderlecht qui n'était retransmis que sur BeTV. JustinTV retransmettait le match via une TV roumaine (en piètre qualité). Netflix est un cas à part. Ce site offre un service de télévision à la demande parfaitement légal et détenu par les studios américains. Netflix dispose des droits pour les grandes chaînes et les studios qui proposent des vidéos à la demande et à l'abonnement. Mais pour s'y connecter, il faut être domicilié aux Etats-Unis. Ces abonnements aux librairies de VOD via Netflix, Xbox Live Marketplace ou AmazonVoD n'offrent pas, loin de là, une alternative suffisante à l'abonnement au câble ou à l'ADSL. Autre expérience: wwitv. On y trouve des chaînes du monde entier, y compris des émissions belges enregistrées. Même mission pour Adsltv.org qui transforme un PC Windows en télévision/radio. Après avoir chargé un agent logiciel, l'internaute peut regarder/enregistrer gratuitement la TV en direct sur Internet. Cette technique évite de disposer d'un tuner télé. On y retrouve les services standard que sont la fonction pause, l'affichage différé, la photographie des images diffusées, l'enregistrement des émissions et la programmation des enregistrements depuis un guide des programmes TV intégré. Il est même possible d'afficher une seconde chaîne TV en mode PIP. Adsl TV est un freeware gratuit pour Windows. En conclusion, le contenu linéaire des chaînes TV n'est pas encore adapté à la diffusion par Internet. La télé est un modèle "one too many", explique Pascal Dormal de Numericable. " Pour une transmission en haute déf sur le Web, chaque client utiliserait un débit de 12 Mbps. C'est actuellement impossible. " Autre limitation: un décodeur et une TV ne peuvent pas tout accepter. Ainsi, YouTube demande de supporter le Flash, ce que ne permettent pas encore les décodeurs belges. TEXTE JEAN-CLAUDE VERSET