Médiateur de quartier à Los Angeles, arpenteur quotidien des ruelles sombres et bars glauques de ces parages, Larry Fondation ( Sur les nerfs, Criminels ordinaires, ...) poursuit avec ce nouveau recueil son travail d'épuisement de son obsessionnel sujet: les bas-fonds d'une ville abando...

Médiateur de quartier à Los Angeles, arpenteur quotidien des ruelles sombres et bars glauques de ces parages, Larry Fondation ( Sur les nerfs, Criminels ordinaires, ...) poursuit avec ce nouveau recueil son travail d'épuisement de son obsessionnel sujet: les bas-fonds d'une ville abandonnée aux illusions, à la violence et aux frustrations, et ce qu'ils nous racontent sur des valeurs et espoirs en incontestable voie de naufrage. L'ironique dichotomie posée dès son titre en camoufle une autre, autour de laquelle se ventilent ces nouvelles brèves, parfois choquantes, toujours édifiantes: les "Détraqués", d'une part, romantiques fracassés et souvent fétichistes chassant un coup rapide et gratuit au détour d'un zinc ou d'un trottoir; les "Héros", de l'autre, simples soldats, assassins ou tortionnaires -vétérans revenus d'un Irak conçu comme un sordide terrain de jeu pour désaxés de tous grades. Dans ce monde apocalyptique d'avant l'enfer nucléaire, les humeurs ne s'expriment qu'en flaques, giclées ou traînées malodorantes, l'odeur de soufre et les brouhahas seuls unissant "le déserts et les quartiers pauvres de la ville (...) tous deux arides". De cette très littéraire (et bukowskienne) plongée dans le pire, on ressort étourdi, sali aux entournures, mais surtout comme toujours avec Larry Fondation: vivement impressionné.