Alsina, Argentine, en 2001. Histoire de rendre quelques couleurs à leur village en voie de désertification, les habitants, emmenés par Lidia (Verònica Llinás) et Fermin Pelassi (Ricardo Darin), une ancienne gloire des stades tenant désormais une station-service, décident d'acquérir des silos à l'abandon pour monter une coopérative. ...

Alsina, Argentine, en 2001. Histoire de rendre quelques couleurs à leur village en voie de désertification, les habitants, emmenés par Lidia (Verònica Llinás) et Fermin Pelassi (Ricardo Darin), une ancienne gloire des stades tenant désormais une station-service, décident d'acquérir des silos à l'abandon pour monter une coopérative. Et chacun -réparateur de vélos anar citant Bakounine, chef d'une gare où les trains ne s'arrêtent plus depuis longtemps, duo de frangins ahuris mais généreux...- d'y aller de sa contribution, afin de réunir les fonds nécessaires. Mais voilà, à peine la somme, croquignolette, est-elle déposée à la banque de la ville voisine, que le gouvernement argentin adopte le corralito, mesure de crise limitant drastiquement les retraits de fonds, les villageois naïfs découvrant dans la foulée avoir été arnaqués dans les grandes largeurs. Et les choses de prendre un tour pour le moins inattendu... Il plane sur ce long métrage de Sébastien Borenzstein un savoureux parfum de comédie à l'italienne, assaisonnée à la mode argentine telle qu'on avait pu l'apprécier dans le grinçant Les Nouveaux Sauvages ( Relatos Salvajes), de Damián Szifron. À l'instar de ceux-là, ces Losers héroïques, avec à leur tête les Darín père et fils, à la fois acteurs et coproducteurs du film, refusent de se laisser abattre, "couillons" déterminés à ne pas s'en laisser conter... Une volonté trouvant à l'écran une expression réjouissante à défaut parfois de substance, pour une comédie noire joyeusement immorale mais non moins définitivement morale...