Avec Masque de chair, Scylla est l'une des premières signatures d'un tout nouveau label, Urban Pias. Un indice supplémentaire que les maisons de disque ont décidé de ne plus snober la manne rap générée par la scène belge. Il y a deux ans, c'était déjà Sony qui distribuait l'album de La Smala. Aujourd'hui, c'est Universal qui s'y met. Après avoir passé ces derniers mois à promouvoir des rappeurs belges signés... en France (Damso, Shay), elle a décidé de lancer sa propre enseigne rap locale, baptisée En douceur. Un joli coup, puisque derrière le projet, on retrouve Max Meli et Anthony Consiglio. Soit les deux boss de la ...

Avec Masque de chair, Scylla est l'une des premières signatures d'un tout nouveau label, Urban Pias. Un indice supplémentaire que les maisons de disque ont décidé de ne plus snober la manne rap générée par la scène belge. Il y a deux ans, c'était déjà Sony qui distribuait l'album de La Smala. Aujourd'hui, c'est Universal qui s'y met. Après avoir passé ces derniers mois à promouvoir des rappeurs belges signés... en France (Damso, Shay), elle a décidé de lancer sa propre enseigne rap locale, baptisée En douceur. Un joli coup, puisque derrière le projet, on retrouve Max Meli et Anthony Consiglio. Soit les deux boss de la structure Back in the Dayz, principale responsable de la vague actuelle (JeanJass, Roméo Elvis, Caballero, etc.). C'est en 2009 que le projet se met en place. A l'époque, le duo qui a pris l'habitude d'organiser des soirées veut se lancer dans les concerts. Anthony: "D'emblée, on a réussi à booker Orelsan, au Coliseum de Charleroi. La soirée a cartonné. On hallucinait." A l'époque, le rappeur français est en fait embourbé dans la polémique autour du morceau Sale Pute. "Live Nation, qui le faisait tourner, était ravi de nous refiler la patate chaude. Du même coup, comme Orelsan ne trouvait quasi plus de dates en France, tous les mecs du Nord sont descendus sur Charleroi pour le voir." Ce soir-là, le Coliseum est bondé. "C'était trop beau, on s'est dit qu'il y avait un truc à faire. Ce n'est qu'après qu'on a compris que les circonstances étaient exceptionnelles..." Le duo tombe vite de haut. Mais s'accroche. "On vient de tellement loin de toute façon. Dans l'inconscient collectif, quand vous dites que vous êtes de Charleroi, vous êtes une sous-merde (rires). Autrement dit, vous avez intérêt à avoir faim." Cela tombe bien, le duo a la dalle et multiplie les dates à Charleroi, au VK, au Botanique, etc. Quitte à ne pas toujours rentrer dans ses frais. Max: "Il a fallu accepter de perdre de l'argent. Mais intelligemment." Renflouant les caisses avec leur soirée de Nouvel An (FCKNYE), ils réinvestissent chaque fois dans la structure. "On a aussi mis en place ce qu'on a appelé le "rap avec facture"", rigole Anthony. Soit un peu de rigueur, dans des plans qui jusque-là tenaient encore souvent du système D (dans le meilleur des cas), voire de l'enroule (dans le pire). Petit à petit, la sauce commence à prendre. Une question d'acharnement, mais aussi de moment: une nouvelle scène rap belge pointe le bout du nez, d'autant plus flexible qu'elle s'appuie sur le Net ("en un clic, je peux balancer le dernier clip de Roméo Elvis que j'ai stocké sur mon ordi"), d'autant plus consistante qu'elle s'est trouvé un modèle économique... Max: "Depuis à peu près un an, on commence à être plus à l'aise". Après le succès viral de Bruxelles arrive l'été dernier, Back in the Dayz a ainsi eu droit à la cour de toutes les majors. C'est finalement Universal qui a remporté le morceau, nommant le duo au poste de directeurs artistiques d'En douceur. Et profondeur? Sourires entendus... Anthony: "En vrai, on est des types très doux, on ne fait pas de cinéma, on ne cherche jamais à faire le forcing."