De ce côté-ci de la littérature, on oublie parfois que le Japon ne se résume pas aux mangas. Ou plutôt, que ledit manga contemporain est le fruit d'une longue tradition artistique dont l'origine pourrait être l'ukiyo-e. Quoi qu'il en soit, les auteurs des Égarés de Déjima situent leur hi...

De ce côté-ci de la littérature, on oublie parfois que le Japon ne se résume pas aux mangas. Ou plutôt, que ledit manga contemporain est le fruit d'une longue tradition artistique dont l'origine pourrait être l'ukiyo-e. Quoi qu'il en soit, les auteurs des Égarés de Déjima situent leur histoire dans le Japon de l'époque florissante de l'art de l'estampe, à la fin du XVIIIe siècle. En ces temps troublés, pendant que l'Europe des puissants vacille sur ses bases, voilà presque 200 ans que le pays du Soleil-Levant a fermé ses frontières, interdisant à tout étranger de pénétrer sur son territoire. Le seul point de contact avec l'extérieur est la ville flottante de Déjima. C'est par là que le noble Hollandais Thierry de Hasselt, fuyant son pays, entre en toute illégalité sur l'île. Fou de culture japonaise, il veut se recueillir au temple Zhu. Inutile de dire que le chemin qui le conduira au zen sera semé d'embûches. S'il est encore hésitant, le dessin de Michele Foletti, dont c'est la première incursion en bande dessinée, traduit parfaitement l'art des estampes ukiyo-e, rehaussé par un travail sur les couleurs tout à fait réussi. De son côté, le scénario de Wouters ne tombe jamais dans la lourdeur d'une reconstitution figée, tout en assimilant la culture japonaise de l'époque et parsemant le récit de touches d'humour. Une très belle surprise de rentrée!