Après le joli succès d'Andromedia, les Liégeois de Piano Club reviennent avec le bien nommé Colore. Un petit bijou de pop décomplexée, feelgood record qui assume haut et fort sa fantaisie. Anthony Sinatra, leader du groupe, en parle à travers les disques qui l'ont inspiré.
...

Après le joli succès d'Andromedia, les Liégeois de Piano Club reviennent avec le bien nommé Colore. Un petit bijou de pop décomplexée, feelgood record qui assume haut et fort sa fantaisie. Anthony Sinatra, leader du groupe, en parle à travers les disques qui l'ont inspiré. Avec Colore, je voulais insister sur les harmonies vocales, qui ont parfois l'air très simples mais qui sont en réalité très compliquées à mettre en place. Du coup, j'ai ramené Pet Sounds en studio. Les Beach Boys, c'est un groupe qui m'accompagne depuis longtemps. Pet Sounds est un peu la référence, mais j'aime aussi beaucoup leur première période. C'est encore une pop très simple, des chansons typiques de l'époque, avec les trois mêmes accords, mais sur lesquels ils greffent des mélodies inédites. Je vénère totalement Lucio Battisti. Tout est là: l'interprétation à fleur de peau, le génie mélodique, les textes innovants de Mogol... Battisti a révolutionné la pop italienne en amenant un peu de cerveau et beaucoup d'émotion. Parfois, c'est un peu pleurnichard et limite très "cheesy". Mais si on arrive à dépasser ça, c'est vraiment un artiste majeur. J'ai beaucoup d'admiration pour Jeff Lynne et sa manière unique de produire la pop, ses mélodies magnifiques soulignées par les harmonies. L'utilisation des synthés aussi, qui pour moi évoquent un tas de possibilités... Souvent on les regarde de loin, on ne voit que le côté kitsch de la chose, des sons qu'on a énormément entendus dans les années 80, et qui n'ont pas du tout bonne presse. Mais pour moi, le synthé est vraiment l'instrument qui ouvre les barrières à plein d'expériences. J'aime tellement les Beatles que j'ai un disque favori différent chaque mois. Pendant longtemps, je n'ai juré que par Abbey Road, puis le White album, puis Sgt Pepper's... Magical Mystery Tour, j'adore ses sonorités psychédéliques, avec des accords un peu bizarres, une liberté folle dans l'écriture des morceaux. J'aime bien aussi le fait que George Harrison chante sur plusieurs morceaux -j'adore sa voix, toujours un peu timide. C'est un groupe danois, avec lequel on a joué au Handelsbeurs, à Gand. L'album est incroyable. Je ne pense pas qu'il ait marché. Il s'est même fait allumer par la critique -le NME a dû mettre un zéro... Pourtant, quand j'écoute ce disque, je sais que je n'ai pas le quart du dixième du talent des mecs qui l'ont fait. Ça me bluffe complètement, tant il est bourré de surprises. Souvent quand j'écoute une chanson, après 30 secondes, j'ai l'impression de savoir tout ce qui va se dérouler par la suite. Avec Oh No Ono, pas. A chaque plage, il y a un truc qui se passe, qui est complètement original et neuf. Avec les Flaming Lips, Grandaddy est l'un des groupes-clés pour Piano Club. C'est un peu autour d'eux que tout le groupe s'est réuni. Sur The Sophtware Slump, toutes les chansons sont parfaites. Chez les Flaming Lips, j'adore l'optimisme qui se dégage de leur musique et de leurs concerts, cette attitude qui consiste à ne pas tomber dans le cliché de la beauté via la tristesse. PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENT HOEBRECHTS