Quand on a la chance d'avoir encore ses grands-parents et que ceux-ci ne sont pas avares en anecdotes relatives à leur jeunesse, il est d'utilité publique de partager leurs récits. Pauline Aubry a cette chance. Elle a été bercée toute son enfance par les histoires de sa grand-mère et de ses trois soeurs. Elles lui ont raconté comment leurs parents se sont rencontrés sur le bateau qu...

Quand on a la chance d'avoir encore ses grands-parents et que ceux-ci ne sont pas avares en anecdotes relatives à leur jeunesse, il est d'utilité publique de partager leurs récits. Pauline Aubry a cette chance. Elle a été bercée toute son enfance par les histoires de sa grand-mère et de ses trois soeurs. Elles lui ont raconté comment leurs parents se sont rencontrés sur le bateau qui les menait en Argentine, comment ils y ont vécu et pourquoi ils sont revenus habiter en France. À 25 ans, après une déception amoureuse, Pauline décide de faire le voyage sur les traces de ses aïeuls, histoire de vérifier si les récits qu'on lui a faits n'étaient pas trop poussifs, de prouver à son ex qu'elle aussi est capable de voyager seule dans un pays lointain et, par la même occasion, de se trouver un nouveau mec. L'album qui pointe dans les bacs aujourd'hui est donc la chronique de son périple. Il débute à Buenos Aires où Pauline a décroché un emploi dans une agence de pub. Vite lassée des campagnes de bouffe pour chats, elle troque sa minijupe et ses escarpins à talons de dix centimètres pour une tenue de globetrotteuse et la voilà partie sur la route vers la Bolivie, le Pérou puis retour vers l'Argentine via le Chili. Ce qui semblait au départ être une quête des racines familiales se transforme vite en une obsession paradoxale pour, d'un côté, se trouver un "prince charmant" (ce sont ses mots) et, de l'autre, rejeter tout ce qui pourrait faire "adulte": trouver un CDI, se marier, fonder une famille... Heureusement, elle aborde d'autres sujets. Sa vie dans un squat est plutôt drôle, ses recherches sur le passage des arrières-grands-parents au musée de l'immigration se révèlent touchantes, sa réflexion sur les traces qu'on laisse aux générations futures fait mouche. Elle finit par trouver l'amour, faire des enfants et ça lui convient... Alors tant mieux.