Le rivage de la Méditerranée en Lybie. Benghazi au nord du pays a retrouvé un peu de calme mais n'est pas encore un endroit où il fait bon vivre. Benghazi est l'une de ces villes qui n'ont pas eu droit à leur transition démocratique. Le dictateur parti, les fanatiques sont arrivés. L'armée a reconquis maison par maison mais Daech, avant de quitter les lieux, a placé des bombes et des ...

Le rivage de la Méditerranée en Lybie. Benghazi au nord du pays a retrouvé un peu de calme mais n'est pas encore un endroit où il fait bon vivre. Benghazi est l'une de ces villes qui n'ont pas eu droit à leur transition démocratique. Le dictateur parti, les fanatiques sont arrivés. L'armée a reconquis maison par maison mais Daech, avant de quitter les lieux, a placé des bombes et des explosifs partout. Principalement dans les quartiers d'habitation. Les logements, les rues... Tout a été miné. Même le toboggan installé dans l'ancien camp de réfugiés. Appelés par des habitants qui leur demandent de passer au peigne fin leur habitation avant de pouvoir la regagner, Fathi et Attia arpentent sans relâche ce paysage dévasté au calme apparent et à la flippante insécurité. Au départ, en 2014, ils étaient 18. Des pères de famille prêts à risquer leur vie pour rendre celle des autres plus sûres. En 2016, treize sont déjà morts. Et pour cause. Ces hommes au courage inouï débarrassent leur ville et leur région des pièges mortels placés par Daech sans le moindre équipement. Pas de fonds. Aucun matériel de détection ou de protection. Ces héros inconnus n'ont que leurs yeux pour repérer et désamorcer les bombes... Le journaliste et caméraman lybien Osama Al-Fitori a suivi pendant deux ans ces démineurs aux mains nues. Il en a fait un docu haletant à la tension en permanence palpable. Sorte de pendant documentaire, artisanal et lybien au long métrage de fiction multi oscarisé ( The Hurt Locker) de Kathryn Bigelow, qui se penchait sur une équipe américaine de déminage en Irak, Les Démineurs de Benghazi heurte par l'absence totale d'aide internationale à ces valeureux quidams et met le doigt sur l'attitude meurtrière de Daech face aux populations musulmanes. L'histoire vibrante et forcément triste de ces McGyver de la bombe. Des hommes bien décidés à reconstruire et à ramener la paix.