Tapis dans une paisible rue bruxelloise, entre la barrière de Saint-Gilles et la gare du midi, ils ont un côté franchement new-yorkais. Urbains. Industriels. Branchés. Tout de briques et de métal. Les bières bio et le vin chaud ne trouent pas le porte-monnaie. L'ambiance est conviviale. Mine de rien, les Ateliers Claus, centre underground d'art et de musique, sont tout doucement en train de devenir l'un des lieux incontournables de la vie nocturne et plus généralement culturelle de la capitale.
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Tapis dans une paisible rue bruxelloise, entre la barrière de Saint-Gilles et la gare du midi, ils ont un côté franchement new-yorkais. Urbains. Industriels. Branchés. Tout de briques et de métal. Les bières bio et le vin chaud ne trouent pas le porte-monnaie. L'ambiance est conviviale. Mine de rien, les Ateliers Claus, centre underground d'art et de musique, sont tout doucement en train de devenir l'un des lieux incontournables de la vie nocturne et plus généralement culturelle de la capitale. Yuko, Isbells, Lyenn et Kurt Vile, le guitariste de War on drugs, s'y sont entre autres succédé cette année. " Be-tween art and rock'n'roll... ", les lieux et leur propriétaire, passionnés par la musique mais aussi le cinéma, la littérature, le théâtre, la BD, bouillonnent d'idées. Frans Claus (photo) a longtemps travaillé au Democrazy, club gantois qui peut se targuer d'avoir vu jouer Nirvana dès 1989. Il a ensuite bossé comme programmateur au café du Beursschouwburg. Artisan ferronnier, il a acheté l'ancien dépôt de meubles, 15 Crickxstraat, il y a une dizaine d'années pour en faire son atelier. Depuis le 25 mai 2006, il y organise des salons. Concerts ou expositions à petite échelle (une centaine de personnes) qui jouent la carte de la proximité entre l'artiste et son public. Le tout avec une vraie volonté de s'inscrire dans le quartier. Certains voisins ne sont d'ailleurs pas étrangers à la naissance du projet. Ils ont souvent donné des coups de main. Derrière le bar, une caméra, le son ou les lumières. En 2007, Les Ateliers accueillaient une soirée par mois. Ils ouvrent désormais en moyenne deux fois par semaine. L'organisation s'est professionnalisée. L'équipe s'est structurée. Frans habite toujours sur place mais on n'a plus vraiment l'impression de débarquer chez un particulier. Il a complètement repensé le bâtiment en cours de route. " L'escalier, le bar, la scène, il a tout construit lui-même", raconte l'un de ses collaborateurs. Si une salle de concerts occupe déjà le rez-de-chaussée, une deuxième, plus petite, au premier étage, se prête tout particulièrement aux siesta sessions du dimanche après-midi. Matelas par terre et musique plus contemplative dans l'air. Frans Claus et ses petits camarades n'ont rien de monomaniaques. Leur point de départ, c'est l'artiste. Pas sa discipline mais ce qu'il a à raconter. Ils se sont donc surtout fixés pour principe de partager leurs coups de c£ur. De mettre en vitrine des gens qui ne trouvent pas leur place ailleurs. Des Belges souvent. Mais pas mal d'étrangers aussi, nettement plus demandeurs qu'on peut l'imaginer. Leur programmation, Les Ateliers Claus la veulent personnelle, intuitive, éclectique, surprenante... Outre des cartes blanches (accordées au collectif Khartel, au label Heaven Hotel...), ils proposent des résidences. Car laisser aux artistes le temps de raconter leur histoire, passée et future, c'est un peu, beaucoup même, le leitmotiv de Frans. Prochain rendez-vous: Good For Cows, ce vendredi 22/01 à 21 h. u www.lesateliersclaus.comJulien Broquet