Burundi, avril 2015. Le président Pierre Nkurunziza, au mépris de la constitution, brigue un troisième mandat. La rue s'enflamme, un coup d'état capote et plonge le pays dans le drame. La répression est violente, sans merci. Beaucoup n'ont que le choix éperdu de l'exil. Eddy, réalisateur, est au centre de la révolt...

Burundi, avril 2015. Le président Pierre Nkurunziza, au mépris de la constitution, brigue un troisième mandat. La rue s'enflamme, un coup d'état capote et plonge le pays dans le drame. La répression est violente, sans merci. Beaucoup n'ont que le choix éperdu de l'exil. Eddy, réalisateur, est au centre de la révolte. Caméra au poing, il ne peut s'abstenir, malgré le danger que cela représente, de filmer ce pays qui se délite. Son engagement lui coûtera cher. Au coeur du tumulte, sa famille s'évanouit brusquement. Contraint de fuir au Sénégal, Eddy entend toujours vibrer, malgré la distance, le rythme cinglant de cette patrie à feu et à sang. Impossible de trouver cette paix à laquelle il aspirait pourtant. Il lui faut retrouver les siens mais, surtout, admettre et interpréter, au travers du regard de ses compatriotes, les fondements de cette débâcle. Son récit résonne comme une fable africaine qui aurait mal tourné. On se laisse bercer par cette voix avant de s'écrouler à nouveau, soudain heurté par ses souvenirs dévorés par la barbarie des hommes. Le 17 mai prochain aura lieu un référendum sur cette réforme constitutionnelle largement contestée. On en frémit déjà. Ce documentaire, voyage onirique et bouleversant, dépeint la cicatrice immense d'un peuple qui a gaspillé l'héritage des valeurs ancestrales. Si son histoire est celle de son pays, Eddy Munyaneza, hanté par la souffrance et la haine, a longtemps peiné à la raconter. Le regard du cinéaste, sans aucun doute, l'empêchera irrémédiablement de sombrer dans l'oubli.