Avec plus d'un million de followers à son actif, le dessinateur et illustrateur Jean Jullien compte parmi les pointures, section arts visuels, des réseaux sociaux. Il s'est notamment fait remarquer pour plusieurs images réalisées à chaud à la suite de la fusillade de Charlie Hebdo ou des attentats du 13 novembre... Et désormais inscrites dans l'inconscient collectif. Si Instagram est son moyen d'expression privilégié -ce...

Avec plus d'un million de followers à son actif, le dessinateur et illustrateur Jean Jullien compte parmi les pointures, section arts visuels, des réseaux sociaux. Il s'est notamment fait remarquer pour plusieurs images réalisées à chaud à la suite de la fusillade de Charlie Hebdo ou des attentats du 13 novembre... Et désormais inscrites dans l'inconscient collectif. Si Instagram est son moyen d'expression privilégié -ce qui mériterait que l'on s'attarde sur les implications profondes de ce médium sur son travail-, il n'en méprise pas pour autant la confrontation physique avec les regardeurs. Pour preuve, il débarque tout au long du mois d'octobre chez Alice Encore, annexe de 40 mètres carrés de la galerie Alice. L'exercice doit se comprendre comme prospectif, Jullien se cherche un rythme, une musicalité. Celle-ci se doit d'enrober un oeil ouvert sur le monde, car l'homme se veut un observateur inlassable. Bref, un contemplatif. Ce qu'il donne à voir évoque Savignac, le génial affichiste, mais également Tati. Pour ce Volet jaune, il mise sur un dispositif assez efficace de mise en abyme autour de la thématique du cadrage et du décadrage. L'accrochage fait valoir deux points de vue. On peut le découvrir de l'extérieur où l'artiste s'est amusé à enduire les vitrines de peinture acrylique blanche, comme si l'espace était en travaux. L'enduit ne cache pas tout, des rectangles ponctuent les fenêtres, autant de perspectives pour découvrir les dix tableaux qu'il y présente. L'autre façon de voir les choses, c'est de pousser la porte du lieu et de tabler sur une confrontation directe. Quel est le meilleur choix? Difficile à dire dans la mesure où les oeuvres elles-mêmes mettent en scène l'idée d'une fenêtre, qu'il s'agisse du surfeur qui voit l'horizon au bout de la vague ou de ce vieillard qui scrute la plage derrière la vitre de sa berline. Ainsi sommes-nous tous qui pensons appréhender large alors qu'en réalité nous ne percevons que des miettes. Rien de grave, du moment qu'on ne l'oublie pas.