À l'opposé des documentaires climatologistes d'Al Gore qui agissent d'avantage comme des méthodes Coué d'autopromotion, des miroirs reflétant une autosatisfaction replète, Le Sel de la Terre immortalise le travail argentique d'un photographe hanté par les ravages de l'occupation humain...

À l'opposé des documentaires climatologistes d'Al Gore qui agissent d'avantage comme des méthodes Coué d'autopromotion, des miroirs reflétant une autosatisfaction replète, Le Sel de la Terre immortalise le travail argentique d'un photographe hanté par les ravages de l'occupation humaine du monde, captant les destins brisés, les entrailles rongées et les dos rompus par le travail, la guerre, la famine. Primé à Cannes en 2014, dans la catégorie "Un certain regard", le documentaire signé Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado rend hommage au travail et au regard sans artifices du photographe Sebastião Salgado, ancien économiste et réfugié politique brésilien devenu le témoin des tourments de la Terre, d'Afrique en Amérique, du Sahel à la mine d'or de Serra Pelada au Brésil, d'un Pôle à l'autre. Accusé régulièrement d'esthétiser à outrance la misère humaine, Salgado, qui a reboisé en 1998 les terres arides de sa ferme natale au coeur du Minas Gerais, trouve dans le réalisateur hollandais et son propre fils des avocats qui n'ont pas besoin de passer par les effets de manche pour convaincre : archives personnelles, confessions poignantes, musique envoûtante prolongent avec majesté les effets d'une oeuvre photographique qui dresse le portrait en pied d'une humanité en équilibre au bord du gouffre, et toujours gigantesque par sa capacité à résister au pire.