De son écriture alerte, imagée et fluide, Daniel Kehlmann ( Les Arpenteurs du monde) n'est jamais aussi bon que lorsque s'il s'adosse à l'Histoire. Prenant pour pr...

De son écriture alerte, imagée et fluide, Daniel Kehlmann ( Les Arpenteurs du monde) n'est jamais aussi bon que lorsque s'il s'adosse à l'Histoire. Prenant pour prétexte les aventures légendaires de Tyll Ulespiègle, il en donne la version allemande, antérieure à celle de Charles De Coster: Kehlmann la situe en pleine Guerre de Trente Ans, atroce conflit religieux. Tyll use de sa franchise et de son bon sens de bouffon pour faire réfléchir les puissants, dont l'éphémère et falot roi de Bohême, le renvoyant à ses contradictions. Un fou qui prend souvent la tangente, au travers de ce roman à la fois elliptique, picaresque, chorale, dont le saltimbanque n'est pas narrateur, mais contradicteur jamais futile.