"Je crois que je suis à peu près en sécurité. À part les accidents automobiles, les accusations de viol et ce genre de choses. Je fais attention à n'aller nulle part seul et à ne rien faire sans témoin." Lors de sa sortie en 1939, Les Raisins de la colère a suscité des réactions d'un...

"Je crois que je suis à peu près en sécurité. À part les accidents automobiles, les accusations de viol et ce genre de choses. Je fais attention à n'aller nulle part seul et à ne rien faire sans témoin." Lors de sa sortie en 1939, Les Raisins de la colère a suscité des réactions d'une rare violence (des fermiers et des propriétaires terriens californiens ont été jusqu'à brûler l'ouvrage) et John Steinbeck craint pour sa vie... Son roman directement entré au panthéon de la littérature (avant d'être magnifié au cinéma par John Ford) s'attaque crûment à la face sombre du capitalisme. À travers la famille Joad, des métayers chassés de leurs terres par les tempêtes de poussière et la mécanisation de l'agriculture, il raconte ses laissés-pour-compte, les conditions de vie désastreuses des ouvriers itinérants, et détaille ce qui a mené à la déshumanisation de toute une partie de la population américaine. Guidé par les lectures de Denis Podalydès et des éclairages multiples (profs de littérature, historiens et propos de Steinbeck lui-même), Le Roman de la colère ausculte un bouquin à la fibre journalistique qui réfléchit l'impact humain sur la planète, condamne la mauvaise gestion de notre monde et trouve notamment écho dans la crise des subprimes de 2008. L'oeuvre définitive d'un homme pour qui l'écart entre les classes représentait l'échec de la démocratie américaine.