Ah! le modèle suédois: sa pop brillante, ses séries influentes, sa rigueur économique, sa probité politique, sa société antisexiste. À l'exception de la première, Le Quatrième Homme dément soigneusement toutes ces assertions. ...

Ah! le modèle suédois: sa pop brillante, ses séries influentes, sa rigueur économique, sa probité politique, sa société antisexiste. À l'exception de la première, Le Quatrième Homme dément soigneusement toutes ces assertions. En ouvrant un triptyque temporel, cette nouvelle série suédoise ne fait pas dans l'original: un groupe de flics, en 2011, doit relancer l'enquête sur une sanglante prise d'otage de la Fraction armée rouge en 1975, à l'ambassade ouest-allemande de Stockholm. L'occasion de retrouvailles pour la policière Jeanette Eriksson, dont le chemin va recroiser celui de son chef à la section criminelle de la capitale en 1989, un misogyne de la pire espèce. En revisitant un fait historique, la minisérie suédoise montre les compromissions politiques, la corruption, l'incompétence qui minent le pays et la manière avec laquelle aujourd'hui, non sans perversité, tout est fait pour y mettre le couvercle et un joli vernis de progressisme bon teint mâtiné de rigueur. Efficace et scolaire, mais pas transcendant.