Rogue One - A Star Wars Story
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Rogue One - A Star Wars Story De Gareth Edwards. Avec Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn. 2 h 14. Dist: Disney. 7 Ce fut, assurément, une des bonnes surprises de l'année dernière. Un spin-off de Star Wars qui se la joue perso, ignorant ou presque les oripeaux du folklore établi depuis ses débuts -et avec quel succès!- par la série de George Lucas. Il ne s'agissait nullement, pour le réalisateur Gareth Edwards et sa bande, de préparer une suite. Le spin-off serait un one-off! Sans doute l'énergie manifeste qui habite le film, son côté risque-tout et l'audace de sa fin sacrificielle s'expliquent-ils en bonne partie par ce contrat unique, dont chacun a visiblement voulu le jouer à fond. Chronologiquement, l'action se déroule donc entre les épisodes III et IV. Avant le Star Wars inaugural de 1977, en fait. L'Étoile Noire, station spatiale de combat dotée d'armes hyper puissantes, est en effet encore en construction, et la résistance veut à tout prix en voler les plans pour pouvoir ensuite la détruire. Une mission qui sera celle d'un petit groupe non pas de héros patentés mais de guerriers issus de la base, simplement prêts à ne rien négliger pour parvenir au but. À leur tête, une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux: Jyn Erso. Fille d'un scientifique que l'Empire a obligé à travailler pour lui après avoir assassiné sa femme (et ainsi rendu Jyn orpheline), elle a grandi en rebelle. Son caractère indiscipliné lui fera se méfier de ceux qui se présentent comme ses nouveaux amis. Mais l'Alliance Rebelle, au prix d'un peu de coercition, saura la motiver pour la cause commune... Felicity Jones se donne dans ce personnage un plaisir éminemment communicatif. Celle qui a (assez brillamment) survécu au médiocre Inferno après avoir illuminé Theory of Everything est de la graine de ces actrices puissantes, prêtes à renverser la table dès que l'opportunité se présente. Elle n'y manque pas dans un film relevant au fond plus du film de guerre que du "space opera", et oubliant heureusement une bonne partie du cahier des charges assignant d'ordinaire à tout film de la série l'obligation d'en entretenir la mystique. Dans Rogue One, on frappe, on tue, on sue, on en prend plein la gueule, on meurt aussi d'avoir voulu (et su) voler dans les plumes du totalitarisme galopant. Toujours bon à prendre, en nos temps troubles où pareil enjeu résonne, et comme à rebours du triomphalisme reproché par beaucoup à George Lucas à la vue du final du premier Star Wars, inspiré il est vrai par le décorum des films hitlériens de Leni Riefenstahl... Freinons un peu, tout de même! Comme souvent, le film de genre nous parle du monde qui est. Mais les enjeux fixés par Rogue One résident surtout dans la volonté d'offrir un spectacle percutant. Les suppléments, intéressants, en témoignent d'abondance... Reste qu'en DVD comme en Blu-ray et Blu-ray 3D (les trois sont dans le coffret!), ce spin-off ose une respiration qu'il fait bon partager. Louis Danvers