DE INNE HAINE, ÉDITIONS VRAOUM, 138 PAGES.
...

DE INNE HAINE, ÉDITIONS VRAOUM, 138 PAGES. 7 Le village de Vierves est en effervescence: le 15 février prochain se déroulera la fête des ramures. Comme chaque année, une chasse au bois de "Gérard", le cerf local, est organisée avec à la clé une récompense de 1000 euros par bois retrouvé (pour les non-initiés, sachez que les bois d'un cerf repoussent chaque saison). Cette somme suffit à faire mousser quelques gros malins qui, pour le malheur du cervidé et le bonheur du lecteur, échafaudent des plans plus foireux les uns que les autres pour remporter la mise. Hélas, cette fois, ce sera fatal pour la bête: elle meurt aux premières pages du livre, renversée par un automobiliste alors qu'elle tentait d'échapper au piège tendu par des braconniers en herbe. L'automobiliste, pris de remords, n'a d'autre choix que de faire croire que la mascotte du village n'est pas morte. Vient se rajouter à cela une légende de fertilité entourant l'animal mythique, ce qui confère à l'ensemble de l'histoire un imbroglio vaudevillesque assez savoureux. Outre son nom, Inne Haine peut difficilement cacher ses origines flamandes: la couverture est un hommage appuyé à Bruegel, tant par les couleurs, la scène et le point de vue qui rappelle Le Retour des chasseurs, célèbre peinture du maître. La comparaison s'arrête là: le dessin de l'auteure est plus rond et naïf que celui du peintre flamand. Récit choral, retournements de situations, flash-back, inserts explicatifs... Pour sa première BD, Inne Haine ne manque pas d'idées. Peut-être un peu trop car elle perd parfois son lecteur à force de le balader dans son récit foisonnant, entre légendes, fantasmes et réalité. Il est souvent nécessaire de revenir en arrière pour se rappeler qui est qui. Mais ne nous plaignons pas, cela permet de rallonger une lecture avant tout fort amusante. C.B.