Le centenaire se porte à merveille. Pas le festival Anima, non, qui n'en est qu'à sa 29e édition (tout de même!). Mais bien le cinéma d'animation, dont on a fêté voici 2 ans le siècle d'existence. En prenant pour point de départ le premier dessin animé jamais réalisé, Fantasmagorie d'Emile Cohl. Le cinéaste français, de son vrai nom Emile Courtet, signa au total 340 films, et marqua le point de départ d'une aventure créative jamais interrompue. Une aventure dont les autres pionniers furent Pat Sullivan et Otto Messmer ( Felix The Cat), les frères Fleischer ( Betty Boop) et bien sûr Walt Disney, qui fit du dessin animé une forme de cinéma populaire et une industrie dont l'importance n'a fait que ...

Le centenaire se porte à merveille. Pas le festival Anima, non, qui n'en est qu'à sa 29e édition (tout de même!). Mais bien le cinéma d'animation, dont on a fêté voici 2 ans le siècle d'existence. En prenant pour point de départ le premier dessin animé jamais réalisé, Fantasmagorie d'Emile Cohl. Le cinéaste français, de son vrai nom Emile Courtet, signa au total 340 films, et marqua le point de départ d'une aventure créative jamais interrompue. Une aventure dont les autres pionniers furent Pat Sullivan et Otto Messmer ( Felix The Cat), les frères Fleischer ( Betty Boop) et bien sûr Walt Disney, qui fit du dessin animé une forme de cinéma populaire et une industrie dont l'importance n'a fait que grandir depuis. Au point de voir l'animation dominer régulièrement le marché cinématographique mondial, l'actuel succès de Cloudy With A Chance Of Meatballs n'étant que la dernière expression en date d'une constante marquant l'économie du cinéma depuis l'avènement de Pixar au milieu des années 90 ( Toy Story est produit en 1995) et le début de la montée en puissance des images de synthèse. D'aucuns pensèrent, voici une dizaine d'années, que la CGI (1), la 3D, allaient tout submerger, voire annihiler toute résistance de la part des formes d'animation traditionnelles. Si le triomphe des films de Pixar et d'autres sociétés de production (les Shrek et autre Antz) n'a cessé d'impressionner depuis, avec une claire domination sur le plan de la fréquentation, la 2D lui a opposé des £uvres jouissant elles-aussi d'un indéniable succès, comme les films du Japonais Hayao Miyazaki ( Spirited Away, Ponyo) et ceux du Français Michel Ocelot ( Kirikou, Azur et Asmar). La pâte à modeler s'est aussi bien illustrée avec les films de Nick Park ( Wallace et Gromit). Tim Burton n'a pas renoncé à ses sombres et poétiques amours pour les poupées animées. De nouveaux auteurs ont usé du dessin animé pour aborder des sujets on ne peut plus adultes, sérieux ( Persepolis, Waltz With Bashir). Et on a vu émerger les inventions foldingues, mettant en scène des... figurines en plastique, des Belges Patar et Aubier dans Panique au village! Avant que de manière très significative, la société Walt Disney annonce la fermeture de ses studios 2D... puis revienne sur son abandon pour renouer avec la tradition maison dans le tout neuf The Princess And The Frog. Une volte-face à laquelle n'est pas étranger un certain John Lasseter, créateur de Pixar, propagateur numéro un des images de synthèse, mais qui a usé de sa position clé chez Disney (suite au rachat de Pixar par ce dernier) pour convaincre la firme de Mickey de revenir à ce qu'elle sait faire de mieux... Le festival Anima, plus enthousiaste que jamais autour du tandem formé par Philippe Moins et Doris Cleven, s'est inscrit au fil des années comme un des rendez-vous majeurs de l'animation internationale. Cette année encore, il se veut tout à la fois continuateur d'une certaine tradition, explorateur des tendances nouvelles, et révélateur de surprises créatives. Bien installée désormais dans le bel écrin art déco de Flagey, la manifestation bruxelloise offre un programme à la fois festif et pointu, où la présence extrême-orientale (japonaise mais aussi désormais chinoise) se signale logiquement. Des techniques les plus classiques au dernier cri de l'invention digitale, du domaine adulte au domaine enfantin, le panorama présenté ne néglige aucun aspect d'une création nationale et internationale en constant développement. Nous avons épinglé pour vous quelques films qui devraient marquer Anima 2010, et donné la parole à un jeune artiste belge, Pieter Van Houte, dont le travail mêlant tradition et modernité illustre parfaitement cette aspiration à conjuguer les formes en prenant le meilleur des 2 mondes. (1) Computer Generated Images Du 12 au 20 février à Flagey. www.anima2010.eu Texte Louis Danvers