Avec les biopics et les adaptations souvent pathétiques de séries télé, les aventures de super-héros transposées des comics au cinéma sont depuis quelques années devenues un antidote au manque d'inspiration des studios hollywoodiens. Un remède qui s'accompagne de fameux effets secondaires quand on voit en salle le résultat généralement nauséeux voire vomitif de ces entreprises mercantiles.
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Avec les biopics et les adaptations souvent pathétiques de séries télé, les aventures de super-héros transposées des comics au cinéma sont depuis quelques années devenues un antidote au manque d'inspiration des studios hollywoodiens. Un remède qui s'accompagne de fameux effets secondaires quand on voit en salle le résultat généralement nauséeux voire vomitif de ces entreprises mercantiles. L'amateur de comics à la sortie du cinoche, c'est un peu le fan des Supremes qui vient de se coltiner Dreamgirls... Et il va falloir s'y faire. Les 2 industries (celle du 7e art et celle du super-héros) ont trouvé un filon et elles sont encore loin d'avoir présenté aux cinéphiles (euh, "cinéphages") tous les hommes masqués en pyjama et les wonder women en bikini qui courent 100 fois plus vite que les Borlée et soulèvent 1000 fois plus de fonte qu'Hossein Reza Zadeh, recordman du monde avec 263 kg de l'épaulé-jeté. Certes, mis à part Flash, qui grâce à sa vitesse évite les balles, court sur l'eau et crée des mini-tornades en secouant les bras, personnage qui a déjà eu droit à un téléfilm, 2 "direct to vidéo" et une série télé (dans les années 90) et sur lequel un long métrage est attendu pour 2013, les plus célèbres super-héros ont déjà eu leur heure et demie de gloire. " D'autres comme L'Homme Fourmi, la Panthère noire et Docteur Strange semblent cependant intéressants à adapter au cinéma, déclarait début 2010 Kevin Feige, directeur de production des studio Marvel. Les travaux d'Ed Brubaker et Matt Fraction avec Iron Fist sont géniaux... Et je voudrais qu'on se penche sur les univers cosmiques de Marvel Universe. Je veux monter un film épique spatial." Un an et demi plus tard, on frôle l'overdose. Alors que déboulent sur les écrans The Green Lantern et Captain America, Edgar Wright ( Shaun of the Dead) vient de terminer sa troisième version du scénario d' Ant-Man. Un mélange d'action et d'humour, annonce-t-il. Et Marvel est apparemment à la recherche active d'un réalisateur pour le film Docteur Strange, dont la sortie est prévue entre le premier et le deuxième Avengers. Probablement en 2013. La même année qu' Iron Man 3, Thor 2 et, si tout va bien, Poing d'acier. On n'est définitivement pas sorti de l'auberge, espagnole, des sauveurs de l'humanité. Car le super-héros de comics, c'est un peu comme le liquide vaisselle. Quand il n'y en a plus, il y en a encore. Entre Green Arrow, sorte de Robin des bois avec des flèches gant de boxe, boomerang et lacrymogène, Aquaman, qui communique par télépathie avec toutes formes de vie marine, Firestorm, l'homme nucléaire qui peut modifier la densité des objets, ou encore Captain Marvel, qui dispose des pouvoirs de 6 personnages de la mythologie grecque (la force d'Hercule, la sagesse de Salomon, le courage d'Achille...), le réservoir semble inépuisable. Un autre Captain de comics représente finalement plutôt bien la logique économique et commerciale sous-jacente à ces adaptations cinématographiques. Captain Britain. Brian Braddock à la ville, il a été spécialement inventé pour le marché britannique avec pour but avoué de présenter un équivalent à Captain America au Royaume-Uni. Il a grandi à Maldon, dans l'Essex, étudie à Edimbourg et combat des vilains comme Hurricane quand ils décident de déchaîner une tornade sur l'aéroport d'Heathrow. So british... On finira bien par nous inventer un super-héros qui se bat avec des moules et des frites... Un rôle qui, au ciné, irait sans doute mieux à Benoît Poelvoorde qu'à Olivier Gourmet. TEXTE JULIEN BROQUET