Quitté par Sonia sur un lapidaire "J'ai besoin d'une pause", Adrien rumine, fulmine et clope en cachette: "J'ai quarante ans et j'achète des Tic Tac pour cacher à mes parents que je fume, voilà où on en est." Coincé lors d'un dîner familial, notre inconsolable bougon se voit sommé de...

Quitté par Sonia sur un lapidaire "J'ai besoin d'une pause", Adrien rumine, fulmine et clope en cachette: "J'ai quarante ans et j'achète des Tic Tac pour cacher à mes parents que je fume, voilà où on en est." Coincé lors d'un dîner familial, notre inconsolable bougon se voit sommé de plancher sur un discours en vue du futur mariage de la frangine. Alors qu'il attend désespérément une réponse au message qu'il vient d'envoyer à son ex, cette perspective le plonge dans des abîmes de perplexité, mais fournit un excellent running gag entre deux considérations sur le gâteau au yaourt maternel, les anecdotes imbuvables du daron, les encyclopédies que lui offre invariablement la promise et le porte-serviettes en forme de bite. Pour inaugurer leur collection baptisée Sygne - "des voix neuves venues d'autres disciplines", les éditions Gallimard jettent leur dévolu sur le bankable Fabrice Caro, alias FabCaro, auteur d'une palanquée de bandes dessinées faisant florès ( Zaï zaï zaï zaï, 150 000 ex. vendus). Sage comme une image, l'objet empile les feuillets sur le chagrin d'amour du quarantenaire comme autant de billets d'humour radiophonique. On ne s'y ennuie pas plus qu'en lisant l'horoscope: "La vie est un vélo rouge sans petits roues." À glisser dans le caddie lors des grosses commissions, pour feuilleter aux toilettes entre la poire et le dessert. Renfort caisse!