Qui n'aime pas les animaux? Personne. À certains égards, on pourrait même dire que l'époque fait sans le vouloir le lit d'Arthur Schopenhauer, qui disait préférer son caniche à n'importe quel représentant de l'espèce humaine. Pour preuve: la cascade de littérature parue ces temps-ci sur le sujet -quand ce n'est pas les arbres, les plantes ou les rochers. Dans cette meute, certains s'en sortent mieux que d'autres. Par exemple, Camille Brunel, grand défenseur de la cause végétarienne et animale, dont les livres explorent avec gourmandise les espaces imaginaires où règnent les bestioles de toutes sortes et de toutes espèces. Après La Guérilla des animaux, un premier roman qui fait grrr publié chez Alma, il fait ainsi paraître Le Cinéma des animaux, un vaste compendium de la présence animale dans le massif historique des images en mouvement. Il s'agit d'une véritable petite encyclopédie, couvrant tous les styles, tous les pays et toutes les époques, mais qui n'oublie jamais de rappeler au lecteur qui parle. Or, celui qui parle -Camille Brunel- aime, souffre, réfléchit, s'inquiète, se souvient -et toutes ces émotions, se mêlant aux images de films, finissent par conduire le savoir qui se déploie dans le livre vers des rivages plus intimes. Camille Brunel aurait-il inventé l'encyclopédie-confession? Arthur Schopenhauer n'aurait sans doute pas aimé. Mais, qui sait, peut-être son caniche.

de Camille Brunel, Éditions UV, 256 pages.

7