Arte nous offre, en inauguration d'un cycle consacré à Jean-Pierre Melville, l'avant-dernier film du maître du polar français. Alain Delon (qui jouera encore l'ultime opus Un flic en 1972) y incarne un malfrat qui s...

Arte nous offre, en inauguration d'un cycle consacré à Jean-Pierre Melville, l'avant-dernier film du maître du polar français. Alain Delon (qui jouera encore l'ultime opus Un flic en 1972) y incarne un malfrat qui sort de prison après avoir purgé sa peine. Juste avant de le libérer, le gardien-chef lui propose une affaire. C'est le début d'une histoire dominée par le destin, inexorable, comme évoqué dans la citation de Râmakrishna placée en ouverture du film. Melville est au sommet de son art, fait de style et de solennité, de sens tragique et d'amour du genre, de ses codes superbement travaillés, transcendés. La distribution est splendide, avec un Delon magnifique comme il l'était dans Le Samouraï (1967) du même cinéaste, et un Yves Montand intense en ex-policier alcoolique. La surprise vient d'un comédien qui révèle une face ignorée de son talent: Bourvil, la star du comique populaire, campe un commissaire de police avec une sobriété aussi frappante qu'inattendue.