"Song for Our Daughter"

En écoutant le septième album de Laura Marling, on se dit que nombre de chanteuses actuelles à (très gros) succès seraient extrêmement inspirées de s'octroyer un stage de composition et de vocalise chez la pâle Anglaise. Depuis un premier disque sorti en 2008 -à 18 ans à p...

En écoutant le septième album de Laura Marling, on se dit que nombre de chanteuses actuelles à (très gros) succès seraient extrêmement inspirées de s'octroyer un stage de composition et de vocalise chez la pâle Anglaise. Depuis un premier disque sorti en 2008 -à 18 ans à peine- la fille du Berkshire transcende la mélancolie contagieuse. Un sens de l'abandon présent dans les oeuvres de Joni Mitchell dont elle partage l'indémodable grâce folk. Ici, elle s'inspire du livre Lettre à ma fille de l'américaine Maya Angelou, pour adresser dix chansons à un enfant imaginaire. Qui pourrait bien être la Laura Marling des jeunes années. C'est peu dire que la charpente boisée de l'écriture bâtit des abris où le spleen sert de régénérant. Inépuisable carburant porté jusqu'à une forme de jouissance ( Strange Girl) ou épanoui dans des mélodies d'une implacable beauté ( Only the Strong, Song for Our Daughter, Hope We Meet Again). Le travail du producteur Ethan Johns, sur ce qui constitue leur quatrième collaboration, consiste à laisser briller les chansons, les nourrir de cordes sans jamais vulgariser ou surligner le propos. Magistral, notamment dans le titre final, For You, l'un de ces moments où l'intimité n'est même plus une question de distance avec l'auditeur, mais une donnée biologique qui s'en empare. Un parfait album de confinement.