Événement peu banal: Barbet Schroeder est l'invité de Bozar trois soirs consécutifs à l'occasion de la présentation des trois films composant sa "trilogie du mal": Général Idi Amin Dada: autoportrait, L'Avocat de la terreur et Le Vénérable W. Entamé au crépuscule des sixties sur More, film underground qu'allait suivre le no...

Événement peu banal: Barbet Schroeder est l'invité de Bozar trois soirs consécutifs à l'occasion de la présentation des trois films composant sa "trilogie du mal": Général Idi Amin Dada: autoportrait, L'Avocat de la terreur et Le Vénérable W. Entamé au crépuscule des sixties sur More, film underground qu'allait suivre le non moins culte La Vallée, le parcours de Schroeder comme réalisateur est aussi atypique que passionnant, qui l'a vu passer de Maîtresse (avec Bulle Ogier et Gérard Depardieu) à La Vierge des tueurs, tourné en Colombie, avec détours hollywoodiens (Reversal of Fortune, Single White Female, Kiss of Death, Murder by Numbers...) et même japonais (Inju). S'y est greffé un volet documentaire, auquel ressort la trilogie qu'il viendra commenter en personne. Soit, dans l'ordre chronologique, Général Idi Amin Dada (1974), l'autoportrait hallucinant du sanguinaire dictateur ougandais, en poste de 1971 à 1979, suivi de L'Avocat de la terreur (2007), portrait de Jacques Vergès débordant sur celui des accusés dont il assura la défense, du terroriste Carlos à Klaus Barbie. Et enfin, dernier film à ce jour du cinéaste français, présenté en avant-première belge, Le Vénérable W. (2017), qui le voyait partir à la rencontre d'un moine bouddhiste parmi les plus influents de Birmanie, et multipliant, en toute impunité, les appels à la haine et à l'islamophobie, à l'encontre des Rohingyas en particulier, sujet n'étant que trop d'actualité. Chaque séance sera suivie d'un Q & A avec le réalisateur, pas vraiment le genre à pratiquer la langue de bois...