Cela devait être en 1987, dans un caberdouche d'Ixelles. Crowded House en showcase enfumé balance ses chansons aux accents circonflexes, partitions beatlesiennes d'où émerge le tube létal Don't Dream It's Over. Sur un podium riquiqui, les musiciens du grand sud (Australie et Nouvelle-Zélande) prennent conscience du magnétisme de la chanson, White Shade Of Pale des années 80. La suite s'annonce, de fait, éclatante. Mené par Neil Finn, songwriter tactile et chanteur accompli, Crowded House réalise plusieurs albums mondialistes, infiltre le lucratif marché US, tourne sans fin, avant de se disperser en 1996, élimé par les contingences du succès. Ce rideau tiré ne crucifie pas forcément les membres du groupe qui, de carrière solo reconnue (Finn) en nouveau parcours dans les médias (Hester), taillent une autre vie. Le batteur Hester, justement, est l'élément fragile: maniaco-dépressif, fissuré par l'échec de son couple, il se suicide en mars 2005. Pendu comme Ian Curt...