En attendant de la retrouver prochainement dans Official Secrets de Gavin Hood, l'actualité Blu-ray nous vaut de pouvoir apprécier Keira Knightley dans deux productions historiques, Colette, biographie de l'autrice de Chéri que signe Wash Westmoreland, et The Aftermath ( Coeurs ennemis), mélodrame de James Kent situé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Curieusement, les deux films débutent sur une même image de train fendant la campagne, le premier amenant Willy (Dominic West), son futur époux, retrouver la toute jeune Sidonie-Gabrielle Colette à Saint-Sauveur, en Bourgogne...

En attendant de la retrouver prochainement dans Official Secrets de Gavin Hood, l'actualité Blu-ray nous vaut de pouvoir apprécier Keira Knightley dans deux productions historiques, Colette, biographie de l'autrice de Chéri que signe Wash Westmoreland, et The Aftermath ( Coeurs ennemis), mélodrame de James Kent situé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Curieusement, les deux films débutent sur une même image de train fendant la campagne, le premier amenant Willy (Dominic West), son futur époux, retrouver la toute jeune Sidonie-Gabrielle Colette à Saint-Sauveur, en Bourgogne; le second déposant Rachael Morgan au coeur des ruines enneigées de Hambourg, pour y rejoindre son mari Lewis (Jason Clarke), un colonel de l'armée britannique. Des ouvertures résolument classiques pour deux films réussissant néanmoins à éviter l'écueil de la reconstitution poussiéreuse, préférant revisiter le passé pour mieux tendre à l'intemporel. Il pouvait, du reste, difficilement en aller autrement de Colette, esprit aussi brillant qu'anticonformiste qui allait braver les conventions d'alors pour électriser le Paris de la Belle Époque. Une femme moderne dans un monde l'étant moins, dont le réalisateur de Still Alice trace un portrait vibrant, entamé dans l'ombre d'un Willy s'attribuant la paternité des Claudine qu'elle écrit d'une plume sensuelle, pour s'achever sur son émancipation, tant artistique qu'intime, alors qu'elle s'épanouit au contact de Mathilde "Missy" de Morny (Denise Gough). Geste féministe stimulante limpidement traduite à l'écran et qui, au-delà de sa résonance contemporaine, trouve en Keira Knightley une interprète inspirée, les sens et l'intelligence en éveil, et même un soupçon de fantaisie en plus, celui qui illumine le Rêve d'Égypte par exemple. Révélé par Testament of Youth, mélodrame féminin de temps de guerre que portait l'incandescente Alicia Vikander, James Kent poursuit dans une veine voisine avec The Aftermath. Résultat de l'opération Gomorrah, Hambourg n'est que dévastation lorsque Rachael Morgan y retrouve son mari, affecté avec les troupes anglaises à la reconstruction de la ville pendant l'hiver 1945. Le temps et la perte d'un enfant semblent avoir irrémédiablement éloigné les époux, et les circonstances, qui les voient partager la villa d'un architecte allemand, Stefan Lubert (Alexander Skarsgard), et de sa fille Freda (Flora Thiemann), dans une atmosphère où l'hostilité le dispute à la douleur, n'arrangent rien... Il y a du David Lean comme du Douglas Sirk dans ce drame où les tourments intimes se mesurent à l'Histoire, contexte chargé traité avec une sobre élégance, et où Keira Knightley brille d'un éclat singulier, frémissante et comme à l'épreuve du temps...