"Bossez sur Mario Kart 9, plutôt!"... "Wai, des jeux gratos sur mobile enfin disponibles à 50 balles sur la Switch." Difficile de blâmer les commentaires sarcastiques jalonnant le post Facebook de Nintendo annonçant 51 Worldwide Games. Cette compilation de jeux de société ravive, de fait, des souvenirs d'enfance barbants. Le genre de cadeau empoisonné, accompagné d'un feuillet de règles aux airs de posologie médicamenteuse traduite avec les pieds. À la surprise générale, ce concept poussiéreux prend toutefois ici une épatante envergure, tout en rendant hommage aux origines de Nintendo.
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"Bossez sur Mario Kart 9, plutôt!"... "Wai, des jeux gratos sur mobile enfin disponibles à 50 balles sur la Switch." Difficile de blâmer les commentaires sarcastiques jalonnant le post Facebook de Nintendo annonçant 51 Worldwide Games. Cette compilation de jeux de société ravive, de fait, des souvenirs d'enfance barbants. Le genre de cadeau empoisonné, accompagné d'un feuillet de règles aux airs de posologie médicamenteuse traduite avec les pieds. À la surprise générale, ce concept poussiéreux prend toutefois ici une épatante envergure, tout en rendant hommage aux origines de Nintendo. En 1543, une tempête dévie trois marins portugais qui découvrent le Japon par hasard. Les échanges commerciaux qui suivront avec l'Occident populariseront les jeux de cartes et de hasard sur l'archipel. À tel point que le gouvernement finit par les interdire au XIXe siècle. Contournant ce boycott, le jeu d'Hanafuda (Jeu des Fleurs) remplace les chiffres et les symboles par des dessins inspirés des saisons de l'année. Les illustrations de Fusajiro Yamauchi dominaient alors le game, très populaire chez les yakuzas qui utilisaient un nouveau deck à chaque partie. Et l'artiste talentueux de créer Nintendo en 1889. La firme de Kyoto caste bien entendu un jeu d'Hanafuda sur son 51 Worldwide Games. Si elle ne précise pas que la pègre japonaise lui a permis de prospérer, la fiche info du jeu de (petites) cartes détaille tout de même son lien étroit avec la naissance de Big N. Des grands classiques entre stratégie, cartes et jeux de pions s'y déballent. Le tout accompagné d'explications aux dialogues enjoués. Mieux, l'envie de s'assoir autour d'une vraie table pointe. Y compris sur des titres complexes entre backgammon et shogi, dont les finesses stratégiques sont détaillées. Prof à la cool, Nintendo rénove également l'ergonomie de ces 51 classiques à la réalisation très soignée. La portabilité de la console qui se joue à deux manettes en déplacement y est bien exploitée. Son large écran tactile aussi, notamment pour déplacer, à deux, les pions d'un jeu de go, les dragées d'un Mancala ou les pushers pucks d'un Air Hockey. Jonglant avec adresse entre une foule de prises en main, le titre lorgne même vers l'idée d'interface expérimentale. Aligner quatre écrans de consoles permet ainsi d'assembler un circuit géant de voiturettes électriques... Mah-jong japonais, poker, dominos... le mode à quatre joueurs (et autant de consoles) se double en outre d'une très bonne nouvelle puisqu'une seule copie du jeu y est nécessaire. Cerise sur le pixel, 51 Worldwide Games explore également des jeux de café mécaniques (foot, boxe, baseball, tennis...) tout en revisitant des classiques de la Wii (bowling, golf, fléchettes...), ici au meilleur de leur forme grâce à la précision de la détection de mouvement des manettes. Difficile de prendre en défaut cette suite de 42 Jeux indémodables (sorti sur DS en 2005, qui prouve que les jeux vidéo et les jeux de société rapprochent les gens et révèlent les personnalités). Une vertu pas anodine ces jours-ci...