La narratrice ne s'attendait pas à la demande de son éditrice, à la veille de la mise sous presse de son premier roman: trouver en trois jours une dédicace pour son livre. Décontenancée, elle erre dans Paris à la recherche d'inspiration. Sa mère? Elle ne partage rien aveec cette femme sinon, de temps en temps, un déjeuner et des conversations insipides. Ou son amie Alix, blonde et menue, publiciste dans une agence en vue de la capitale dans laquelle toutes les femmes se ressemblent? Elle trouvera peut-être l'idée au salon du livre de Brive-la-Gaillarde, où elle doit participer à une conférence intitulée Envie d'écrire? Lancez-vous!, prétexte, pour l'autrice, à un déchaînement assez hilarant contre une certaine presse littéraire française et des confrères et consoeurs trop prétentieux. Leïla Bouherrafa apporte un peu de fraîcheur parmi les auteurs désabusés, avec un sens particulièrement affûté de la formule qui tue. Outre l'évidente mise en abyme qu'elle propose, la romancière aborde à travers son double narratif la solitude subie dans les grandes villes. C'est peut-être justement auprès des inconnus qui peuplent son immeuble, ou de Véronique, rédactrice de cette étrange petite annonce collée sur un banc, qu'elle trouvera la solution...

De Leïla Bouherrafa, éditions Allary, 290 pages.

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